Affaire ASER-AEE Power / Thierno Alassane Sall à sa sortie de la Sr : « La justice dispose maintenant de suffisamment d’éléments pour faire son travail »

 

Entendu pendant plusieurs heures par les enquêteurs de la Section de recherches de la Gendarmerie nationale, Thierno Alassane Sall, leader du parti République des Valeurs (RV), a livré, à sa sortie, une déclaration accablante sur le sort des 37 milliards de francs CFA engagés dans le cadre du contrat entre l’ASER et la société espagnole AEE Power.

L’ancien ministre de l’Énergie et député à l’assemblée nationale qui dit avoir pris place à 16h30 pour une audition qu’il qualifie de longue mais nécessaire au regard de la densité des documents examinés, a d’emblée salué « le professionnalisme et la capacité d’écoute » des enquêteurs. Il a toutefois réservé l’essentiel de sa sortie à des révélations de fond sur le détournement présumé des fonds publics.

Selon Thierno Alassane Sall, les informations reçues d’Espagne et transmises à l’avocat du parti chargé de l’affaire dans ce pays, confirment une réalité préoccupante : sur les 37 milliards de francs CFA mobilisés, seuls 7 milliards environ auraient effectivement transité vers le Sénégal, destinés pour l’essentiel au paiement des primes de la SONA. Le reste aurait été « dispersé aux quatre coins du monde ».« L’argent n’a pas été perdu pour tout le monde », a-t-il lancé avec une formule tranchante, soulignant que les autorités espagnoles avaient pourtant alerté, depuis deux ans, sur des présomptions de prévarication concernant ces fonds.

Des complicités présumées au sommet de l’État 

Le parlementaire n’a pas hésité à mettre en cause des personnalités qu’il dit « tapis dans les plus hautes sphères de l’État ». Il leur reproche d’avoir sciemment bloqué toute enquête interne, produit des « rapports fallacieux » présentant les travaux comme se déroulant normalement, et orchestré une opération d’« enfumage » de l’opinion publique.

Il a notamment cité un communiqué du Conseil des ministres daté du 11 mars, dans lequel il est affirmé que des questions de procédures douanières seraient à l’origine des retards; une version que Thierno Alassane Sall dément catégoriquement.

Convaincu que la Section de recherches dispose désormais d’éléments suffisants pour « boucler très rapidement son travail », l’ancien ministre a indiqué que les enquêteurs sont en mesure d’identifier les comptes par lesquels les fonds ont transité, les sociétés intermédiaires impliquées, ainsi que les bénéficiaires finaux. Il a précisé avoir remis aux enquêteurs des documents et informations complémentaires, que ces derniers ont accueilli favorablement.

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