Le parti républicain américain a essuyé plusieurs défaites lors d’élections locales ayant pris l’allure de référendums contre Donald Trump. A peine réélu, le maire démocrate de new York Bill de Blasio a défié le président américain, qui célèbre mercredi le premier anniversaire de son élection.
Les candidats démocrates au poste de gouverneur en Virginie et dans le New Jersey ont tous les deux battu des candidats républicains qui, s’ils avaient gardé leurs distances avec Donald Trump, avaient repris à leur compte son vocabulaire et ses idées, liant par exemple immigration clandestine et criminalité.
Dans le Maine, les électeurs ont approuvé par référendum l’élargissement du programme public de couverture maladie pour les plus modestes, validant un volet de la réforme de Barack Obama.
De Blasio défie Trump
Et, sans surprise, le maire démocrate de New York Bill de Blasio a été facilement réélu avec plus de 66% des voix, selon des résultats quasi-définitifs. Devant ses partisans, il a estimé qu’en le réélisant les New Yorkais avaient «envoyé un message à la Maison Blanche».
«Si vous vous retournez contre les valeurs de votre ville natale, votre ville résistera», a-t-il lancé à l’attention du président lui aussi natif de New York. «Nous allons défendre le système de santé», a ajouté De Blasio, en allusion aux efforts de Trump pour démanteler Obamacare. «Nous allons défendre les immigrés (…) Quand les immigrés sont attaqués, c’est nous tous qui sommes attaqués!»
Mobilisation
Les enjeux locaux ont pesé dans ces scrutins. Mais les démocrates peuvent se réjouir d’avoir su mobiliser leurs troupes. En Virginie, les électeurs qui se définissent comme «progressistes» représentaient 28% des électeurs contre 20% il y a quatre ans. La proportion de votants conservateurs a baissé.
Des signes encourageants pour ceux qui préparent la reconquête en 2018, à l’occasion des élections de mi-mandat. «Les électeurs ont rejeté l’agenda Trump-Pence», s’est félicité le président du parti démocrate, Tom Perez. «Les succès de ce soir ne sont que le début», a-t-il dit.
«Ce soir, le New Jersey a envoyé un message sans équivoque à tout le pays: nous valons mieux que cela», a déclaré Phil Murphy qui a fait basculer l’Etat de la côte Est dans le camp «bleu».
Campagne virulente
Depuis la Corée du Sud, Donald Trump a expliqué que le perdant de Virginie, Ed Gillespie, aurait dû clairement faire campagne comme un proche allié, au lieu de rester ambigu. «Ed Gillespie a travaillé dur, mais ne s’était pas pleinement associé à moi ni à mes idées», a-t-il écrit sur Twitter.
Dans cet Etat, la campagne avait pris un tour virulent. Des publicités républicaines accusaient le démocrate Ralph Northam de faire le jeu du gang MS-13 par ses positions sur l’immigration clandestine. Autre sujet abordé: le sort des statues célébrant les héros sudistes de la guerre de Sécession.
Le dilemme républicain
Le résultat de mardi pose un dilemme pour les futurs candidats républicains: faut-il se distinguer de Donald Trump, au risque de se couper de leur base électorale, ou épouser son programme et risquer de perdre des voix au centre?
«Trump occupe tellement d’espace dans la politique américaine qu’il est difficile pour les républicains de s’en dissocier», dit à l’AFP le professeur de science politique Michael McDonald, de l’Université de Floride.
Le prochain test électoral aura lieu lors d’une élection sénatoriale dans l’Alabama le 12 décembre, où le républicain est favori. Puis viendra la saison des primaires en 2018, avant les élections législatives nationales dans un an.
Bouclier électoral
Loin de Washington, le président américain, en tournée en Asie, a «célébré» mercredi matin l’anniversaire de sa victoire contre Hillary Clinton, dans un discours devant l’Assemblée nationale sud-coréenne.
«Les Etats-Unis traversent une sorte de miracle», a-t-il déclaré, citant le niveau record de la Bourse, la baisse du chômage et la lutte contre l’organisation Etat islamique.
Une déclaration qui résume la stratégie politique du milliardaire, qui prédit que la bonne santé économique du pays servira de bouclier électoral. «Avec les chiffres records de l’économie, nous continuerons à gagner, encore plus qu’avant!» a-t-il lancé sur Twitter, ignorant les mauvaises nouvelles de mardi.
(nxp/afp)



