Carles Puigdemont, arrêté dimanche en Allemagne sur la base d’un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne, sera présenté lundi à un juge chargé de confirmer son identité, a indiqué le parquet allemand de Schleswig. Par ailleurs, une autre responsable catalane réfugiée en Ecosse serait sur le point de se livrer à la police.
La comparution lundi de Carles Puigdemont «n’aura pour but que de vérifier l’identité de la personne arrêtée», a confirmé dimanche le parquet allemand dans un communiqué, quelques heures après l’interpellation du dirigeant indépendantiste catalan par la police allemande alors qu’il rentrait du Danemark, voisin de l’Allemagne.
Le tribunal régional du Schleswig-Holstein à Schleswig aura ensuite à décider si Carles Puigdemont doit être placé en détention en vue d’une remise à l’Espagne, a ajouté le parquet.
Prémonition
Comme «El País» nous le rappelle, l’avocat Paul Bekaert avertissait il y a peu sur le risque que représentait pour Carles Puigdemont, toute sortie de Belgique: «Si Puigdemont voyage dans un autre pays européen, il pourrait avoir des problèmes. Il n’y a pas la même sécurité d’un point de vue judiciaire. Chaque pays a ses propres lois pénales et les jurisprudences sont différentes».
Policiers avisés
L’ancien responsable de la Catalogne avait opté pour la voiture en espérant éviter les contrôles dans les aéroports, a précisé son avocat. Selon ce dernier, il y a de fortes chances que Carles Puigdemont n’ait pas été intercepté au cours d’un contrôle de routine, mais que les services de police allemands aient été avisés par leurs collègues espagnols. L’agence DPA précise que Carles Puigdemont a été incarcéré à Neumünster, dans le nord de l’Allemagne.
Me Bekaert pense que son client va être libéré sous conditions, comme cela s’est fait en Belgique. La justice allemande doit se prononcer dans les 48 heures sur sa libération conditionnelle. Elle aura ensuite 60 jours pour décider sur le fond de l’exécution du mandat d’arrêt émis par l’Espagne.
Paul Bekaert a ajouté qu’il continuerait à défendre Carles Puigdemont, bien que ce dernier se trouve en Allemagne. Carles Puigdemont risque une peine plus longue, après qu’il a été inculpé de rébellion vendredi aux côtés de 12 autres séparatistes.
Informations via Twitter
Avec la France, l’Italie et le Portugal, l’Allemagne figure parmi les pays qui collaborent le mieux avec la justice espagnole.
L’avocat du chef indépendantiste, Jaume Alonso-Cuevillas, tient informé le public via son propre compte Twitter. Dans son dernier «post», il précise que Carles Puigdemont se tient et s’est toujours tenu à la disposition de la justice belge.
En Ecosse
Les événements se précipitent également en Ecosse où l’ex-responsable indépendantiste catalane Clara Ponsati, elle aussi visée par un mandat d’arrêt européen, «prend des dispositions» pour se «livrer» aux autorités en Ecosse où elle s’est exilée depuis peu. L’information a été confirmée dimanche par la police locale.
Le juge Pablo Llarena de la Cour suprême espagnole a confirmé vendredi des poursuites pour «rébellion» contre 13 indépendantistes catalans, et émis ou réactivé des mandats d’arrêt européens et internationaux contre six dirigeants indépendantistes catalans partis à l’étranger, dont précisément Clara Ponsati.
Certaine d’être arrêtée
«Nous sommes en possession d’un mandat d’arrêt européen contre Clara Ponsati», a indiqué la police écossaise sur Twitter. «Nous avons été contactés par son avocate, qui prend des dispositions pour qu’elle se livre à la police».
Comme d’autres leaders catalans, Clara Ponsati s’était exilée en Belgique le 30 octobre dernier, après la destitution de leur exécutif et la mise sous tutelle de la Catalogne, décidées par Madrid pour punir la déclaration unilatérale d’indépendance du 27 octobre.
Clara Ponsati s’est installée il y a peu en Ecosse où elle travaille pour l’université de St Andrews en tant que professeur d’économie.
Lors d’une récente interview à la BBC, elle ne se faisait guère d’illusions sur son sort si elle rentrait en Espagne. «Je suis à peu près sûre que la police viendrait me chercher à l’aéroport ou chez moi pour m’emmener à Madrid, et je suis aussi à peu près certaine que j’irais en prison», a-t-elle déclaré.
«Aucun pouvoir»
Clara Ponsati a reçu le soutien de membres du parti nationaliste écossais (SNP), qui partage les aspirations des indépendantistes catalans. Un influent député du parti, Ian Blackford, a exprimé ainsi sa «grande préoccupation» quant aux arrestations et mandats d’arrêt visant des responsables catalans indépendantistes.
La première ministre écossaise Nicola Sturgeon, cheffe du SNP, a toutefois souligné que son gouvernement n’avait «aucun pouvoir» pour intervenir dans la procédure visant Clara Ponsati, menée de manière «indépendante» par la police et la justice.
(nxp)



