La cour suprême doit décider mercredi si l’ex-président brésilien doit purger sa peine dès les prochains jours. Si les juges accordent à Luiz Inácio Lula da Silva un «habeas corpus», cette mesure lui éviterait de se retrouver derrière les barreaux tant que tous les recours ne seront pas épuisés, ce qui pourrait durer des mois voire des années.
«S’ils concèdent l’habeas corpus, nous sommes perdus. Nous allons finir comme le Venezuela», a affirmé Regina Magaldi, 51 ans, qui défilait avec plusieurs dizaines de personnes sur l’emblématique avenue Paulista de São Paulo. Dans un Brésil fortement polarisé, le jugement crucial de la cour suprême a lieu à six mois de l’élection présidentielle la plus imprévisible depuis des décennies. Lula, 72 ans, est donné en tête des intentions de vote.
Dispositif sécuritaire
Malgré sa condamnation pour corruption, son charisme reste intact pour toute une partie de la population ayant bénéficié des programmes sociaux qui ont permis à des millions de personnes de sortir de la misère lors de ses deux mandats (2003-2010).
Les manifestations anti-Lula de mardi ont réuni un tout autre public à Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Porto Alegre et d’autres grandes villes du pays: la plupart blancs, issus des classes moyennes ou aisées, revêtant des maillots jaune et vert de l’équipe nationale du football.
Quelques manifestations pro-Lula ont également eu lieu mardi, notamment près de sa résidence à São Bernardo do Campo, mais les partisans de l’icône de la gauche ont prévu de se mobiliser plus fortement mercredi.
Un important dispositif de sécurité est prévu mercredi à Brasilia, devant la cour suprême où partisans et adversaires de Lula doivent se rassembler. Les deux camps seront séparés par de lourdes barrières de métal et toutes les rues adjacentes seront bloquées.
(nxp/ats)



