L’ONG israélienne de gauche, B’Tselem, a lancé jeudi une campagne appelant les soldats israéliens à ne pas tirer vers des Palestiniens non armés lors de manifestations prévues vendredi à la frontière avec la bande de Gaza.
Des appels ont été lancés aux gazaouis pour participer à la fin des prières à de nouvelles protestations dans cette zone sous haute tension où 18 Palestiniens ont été tués et des centaines d’autres blessés par des tirs de soldats israéliens depuis vendredi dernier.
'Sorry officer, I can't shoot': B'Tselem's latest campaign raises ire https://t.co/y3PA2rYrGI
— The Jerusalem Post (@Jerusalem_Post) April 4, 2018
Le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a prévenu que les Palestiniens qui s’approcheraient de la frontière mettraient «leur vie en danger». B’Tselem a publié des encarts dans des médias avec comme titre: «Désolé commandant, je ne tire pas». «Soldat, les consignes de tirs susceptibles de provoquer la mort de civils ne présentant pas de danger pour des vies humaines, sont illégales», soutient l’ONG.
Cet appel a été dénoncé par le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan qui a affirmé à la radio militaire avoir demandé au procureur général d’examiner la possibilité d’engager des poursuites contre B’Tselem pour «appel à la sédition». «Pour ce qui est des consignes de tirs, le soldats traitent toute activité mettant en danger la sécurité d’Israël comme des opérations terroristes», a prévenu le ministre.
Le député d’opposition travailliste et ancien ministre de la Défense Amir Peretz a également critiqué l’ONG. «Je m’oppose totalement à l’appel de B’Tselem. Il ne fait pas de doute que l’armée a tiré les leçons de ce qui s’est passé la semaine dernière et donné des consignes de tirs en conséquence», a-t-il assuré.
Marche du retour
Vendredi dernier, des dizaines de milliers de Palestiniens ont afflué près de la barrière séparant Israël de Gaza, au premier jour de «la marche du retour». Cette protestation, qui doit durer six semaines, vise à réclamer «le droit au retour» de quelque 700 000 Palestiniens chassés de leurs terres ou ayant fui lors de la guerre qui a suivi la création d’Israël en 1948.
Cette journée, la plus sanglante depuis la guerre de 2014 a été émaillée d’affrontements avec l’armée israélienne ayant coûté la vie à 17 Palestiniens, et fait plus de 1.400 blessés, selon le ministère de la Santé à Gaza.
(nxp/afp)



