52 morts à Gaza «Les vieux conflits ne semblent jamais mourir»

 

La communauté internationale a réprouvé lundi l’usage excessif de la force par l’armée israélienne à la frontière avec Gaza. De violents affrontements entre manifestants palestiniens et soldats israéliens ont fait une cinquantaine de morts et des milliers de blessés du côté palestinien. Aucune victime côté israélien.

«Exécution choquante»

«Nous voyons une multiplication des conflits, les vieux conflits semblent ne jamais mourir. Je suis particulièrement inquiet aujourd’hui au vu des nouvelles de ce qui se passe à Gaza, avec un nombre élevé de personnes tuées», a déclaré le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Une telle inquiétude est partagée par le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale, qui se dit «gravement préoccupés par le fait que de nombreuses personnes décédées ou blessées ne semblaient représenter aucune menace imminente au moment où elles ont été abattues». Et le comité de dénoncer l’usage «disproportionné» de la force par Israël contre les manifestants palestiniens.

A Genève, le Haut commissaire aux droits de l’homme a dénoncé «l’exécution choquante» des Palestiniens à Gaza et répété qu’Israël doit «mettre un terme» à celle-ci. Zeid Raad al-Hussein a aussi à nouveau appelé à poursuivre les responsables.

Même son de cloche auprès d’Amnesty International. «Nous assistons à une violation abjecte du droit international et des droits de l’Homme à Gaza», a dénoncé l’organisation sur Twitter. «Ceci doit cesser immédiatement».

«Eviter toute nouvelle escalade»

L’Union européenne, par la voix de sa cheffe de la diplomate Federica Mogherini, a demandé «à toutes les parties d’agir avec la plus grande retenue afin d’éviter des pertes de vie humaine supplémentaires». Elle a également mis en garde contre «toute nouvelle escalade» dans une situation «complexe et déjà très tendue» qui rendrait «les perspectives de paix encore plus éloignées».

«Israël doit respecter le droit à manifester pacifiquement et le principe de la proportionnalité dans l’usage de la force», a-t-elle poursuivi. Et «le Hamas (le mouvement au pouvoir à Gaza, ndlr) et ceux qui conduisent les manifestations à Gaza doivent faire en sorte qu’elles restent strictement non violentes et ne pas les exploiter à d’autres fins».

Ignazio Cassis préoccupé

La France ou encore la Suisse lui ont emboîté le pas. Le conseiller fédéral Ignazio Cassis s’est dit «profondément préoccupé par l’escalade de la violence au Proche-Orient et le nombre de morts». Il a appelé sur son compte Twitter toutes les parties à la retenue.

 

Le ministère des affaires étrangères français a exhorté les autorités israéliennes au «discernement» et à la «retenue dans l’usage de la force». Il a également jugé «urgent de recréer les conditions nécessaires à la recherche d’une solution politique, dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions».
Transfert désapprouvé

«La France désapprouve la décision américaine de transférer l’ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel Aviv à Jérusalem. Cette décision contrevient au droit international et en particulier aux résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations Unies», peut-on encore lire dans texte du Quai d’Orsay.

Une telle désapprobation est partagée par de nombreux pays, notamment la Grande-Bretagne, la Russie, la Turquie, le Maroc ou encore l’Egypte. Et bien évidemment les autorités palestiniennes.

«Avec cette mesure, le gouvernement américain renonce à son rôle dans le processus de paix et insulte le monde, le peuple palestinien, la nation arabe et musulmane. Il crée des tensions et de l’instabilité», a déclaré pour sa part Nabil Abou Rdeine, porte-parole du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Concernant les violences près de la frontière, le gouvernement palestinien, basé en Cisjordanie occupée, a accusé Israël de commettre un «horrible massacre». Le porte-parole du gouvernement, Youssouf al-Mahmoud, a exigé une «intervention internationale immédiate».

(nxp/ats)