«Passe au journal quand tu auras 5 minutes». La Une du journal satirique qui sortira mercredi dans les kiosques arbore une caricature du jihadiste français: on y voit Peter Cherif de face, enchaîné et tenu par des policiers, sur un fond vert, couleur qui n’est pas sans rappeler celle de la Une du numéro historique du 14 janvier 2015 «Tout est pardonné».
Le dessin est signé de Riss, le directeur de la rédaction du journal satirique.
https://twitter.com/RenaudDely/status/1077122166611685376?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1077122166611685376&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.20min.ch%2Fro%2Fnews%2Fmonde%2Fstory%2F-Passe-au-journal-quand-tu-auras-5-minutes–22904502
Après 8 ans de cavale, Peter Cherif, proche des frères Kouachi, auteurs de l’attentat de Charlie Hebdo, a été arrêté récemment à Djibouti. Interpellé dimanche à son arrivée en France, il fait valoir pour l’instant son droit au silence, selon une source proche du dossier.
Prise de choix
Peter Cherif, un Français de 36 ans, parmi les jihadistes français les plus recherchés au monde, est une prise de choix pour l’antiterrorisme français. Devenu au Yémen un cadre d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), il avait été inscrit en septembre 2015 par les Etats-Unis sur leur liste noire des «combattants terroristes étrangers». Il avait disparu en mars 2011 au dernier jour de son procès à Paris, où il était jugé pour être parti combattre dans les rangs d’Al-Qaïda en Irak en 2004.
Peter Cherif «avait fui la justice française, il devra devant elle répondre de ses actes», a tweeté dans la foulée le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, saluant «l’efficacité» de ses services et des «échanges internationaux».
En raison de ses liens avec les frères Kouachi, le nom de Peter Cherif apparaît dans l’enquête sur les attentats de janvier 2015 (Charlie Hebdo, Montrouge, Hyper Cacher), qui ont fait 17 morts. L’attentat du 7 janvier 2015 à Charlie Hebdo a fait à lui seul 11 morts, dont des figures emblématiques du journal comme Cabu, Wolinksi, Honoré, Tignous ou l’ex-directeur de la rédaction Charb.
Première arrestation en Irak
Mais s’il a pu être présenté par certains médias comme un «possible commanditaire» de ces attentats, Peter Cherif ne fait l’objet d’aucun mandat d’arrêt dans ce dossier. Quatre ans après ces attaques, les premières de la vague jihadiste qui a frappé la France, le parquet de Paris vient de requérir un renvoi aux assises pour 14 suspects, en grande partie des soutiens logistiques présumés des tueurs.
Peter Cherif devrait néanmoins être interrogé sur le bref séjour, en 2011, de Chérif Kouachi au Yémen, d’où l’organisation AQPA avait ensuite revendiqué l’attentat contre Charlie Hebdo.
Arrêté une première fois à Falloujah, en Irak, fin 2004 alors qu’il combattait dans les rangs d’Al-Qaïda en Irak, Peter Cherif, condamné à 15 ans de prison à Bagdad, s’était ensuite évadé d’une prison irakienne en mars 2007 avant de rejoindre la Syrie.
Extradé par la suite en France, il y fut incarcéré pendant 18 mois. Il avait disparu en mars 2011, absent au délibéré de son procès à Paris, et avait pris la fuite vers le Yémen. Condamné à cinq de prison, il avait fait immédiatement l’objet d’un mandat d’arrêt en vue de l’exécution de sa peine.
(20 minutes/afp)



