Macky Sall a procédé, vendredi, à la remise de l’édition 2019 du prix portant son nom pour le Dialogue en Afrique décerné par le Centre indépendant de recherches et d’initiatives pour le dialogue (Cirid) à Mama Ngina Kenyatta, veuve de Jumo Kenyatta, représentée par la ministre Kenyane de la Défense. Il a chanté les vertus du dialogue, affirmant qu’il faut du courage pour dialoguer.
Le musée des civilisations noires a servi, vendredi soir, de cadre à la remise du «Prix Macky Sall pour le dialogue en Afrique» pour l’édition 2019. Le chef de l’Etat a remis le prix à Mama Ngina Kenyatta, veuve de Jumo Kenyatta, représentée par la ministre Kenyane de la Défense, Monica Juma. Selon lui, cette édition 2019 du «Prix Macky Sall pour le Dialogue en Afrique» du Centre indépendant de recherches et d’initiatives pour le dialogue (Cirid), après la remise en 2017 au Moro Naba du Burkina Faso, est symbolique par le pays d’origine de la lauréate, situé à l’extrême Est de l’Afrique et par la personnalité de la lauréate qui a connu les servitudes pour avoir partagé la vie d’un grand homme d’État, Jumo Kenyatta, figure historique de l’indépendance africaine et du panafricanisme qui a maintenu la paix dans son pays. Pour le chef de l’Etat sénégalais, cela veut dire que le Prix s’adresse à tous les pays africains. La lauréate est la mère de l’actuel président du Kenya. Agée de 86 ans, Ngina Kenyatta, plus connue sous le nom de «Mama Ngina» est considérée comme la mère de la nation kenyane. «Mama Ngina Kenyatta mérite ce prix. Seule la force de son instinct maternel a pu guider son action salutaire pour son pays, en appelant en un moment donné son fils, le président Uhuru Kenyatta et son challenger Raila Odinga pour les instruire de faire la paix pour le Kenya. Cela a sauvé des vies et permis au Kenya de ne pas basculer dans la violence et de surmonter la crise postélectorale de 2017. Cette leçon est un rappel du rôle central des femmes et des anciens dans nos sociétés», a déclaré Macky Sall.
Le dialogue a permis d’apaiser la situation politique
Le Président Macky Sall a insisté sur le fait que «le dialogue est une vertu et une nécessité du vivre ensemble». «Il faut du courage pour dialoguer. Le dialogue est l’arme des forts contrairement à ce qu’on peut penser. Depuis mon accession à la tête du pays, j’ai instauré le dialogue comme mécanisme permanent de gouvernance», a-t-il affirmé, rappelant le processus a commencé avec les acteurs sociaux, l’école, la santé, la classe politique. Il a également rappelé que le 28 mai est décrété journée nationale du dialogue. Le chef de l’Etat note que ce dialogue a porté ses fruits et a conduit à l’apaisement de la situation politique du Sénégal. «Parfois on s’étonne de l’exception sénégalaise. Mais le Sénégal est un pays de dialogue», a déclaré Macky Sall.
Sous les acclamations du président du Conseil économique et sociale et environnemental (Cese) qui s’est levé à plusieurs reprises, il déclare : «aujourd’hui, nous avons à nos côtés Monsieur Idrissa Seck qui était mon adversaire, un sérieux adversaire». Le président Sall reconnait que ce n’était pas évident car il a fallu du courage pour que lui et Idrissa Seck se parlent. «Nous avons parlé pendant plusieurs séances, plusieurs mois pour le Sénégal. En 2019, lorsque j’ai été réélu de façon brillante, il faut le dire, j’avais une majorité confortable pour gouverner, mais dès qu’il y a des critiques sur le système électoral, j’ai dit dialoguons sur ce qui vous gêne», a confié Macky Sall.
Il a indiqué que sur les 27 points inscrits sur la plateforme du dialogue, les 25 ont trouvé un consensus total. «A partir du moment où les points posés par l’opposition ont été quasiment et intégralement pris en charge par le dialogue politique, il ne fallait pas s’interroger sur la convergence qui devait aboutir à la fin de ce dialogue. Les deux points de divergence sont des points mineurs, parce que nous n’avons pas voulu diviser l’opposition sur le statut du chef. On a mis de côté ce point», a rappelé le Président Sall.
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