Tensions au Proche-Orient: Extrémistes juifs arrêtés après le meurtre du jeune Palestinien

Après une semaine de violences entre Israéliens et Palestiniens, suite à la mort brutale de quatre adolescents, la situation était relativement calme dimanche. Côté israélien, alors que six extrémistes juifs ont été arrêtés, M. Netanyahu a exhorté son gouvernement à «garder la tête froide».

«L’expérience a prouvé que dans des moments comme aujourd’hui, nous devons agir de manière responsable, garder la tête froide et nous abstenir de propos durs et impétueux», a dit Benjamin Netanyahu. Il s’est exprimé dimanche à l’ouverture du conseil des ministres.

Le Premier ministre réagissait à des déclarations belliqueuses de ses ministres. Certains ont appelé à une opération d’envergure contre le Hamas dans la bande de Gaza.

Benjamin Netanyahu a promis de «faire ce qui était nécessaire» pour rétablir le calme dans les communautés israéliennes dans le sud du pays, visées par des tirs de roquettes en provenance de la bande de Gaza. Alors que l’aviation israélienne a bombardé dix sites dans l’enclave palestinienne dimanche, M. Netanyahu a précisé qu’il n’était pas prévu dans l’immédiat d’autres actions contre ce territoire.

Tensions exacerbées

Les tensions entre les deux camps se sont exacerbées depuis une semaine. Des salves de roquettes palestiniennes sont suivies de raids israéliens de représailles. Ces violences ont éclaté lundi passé, après la découverte des corps des trois étudiants juifs assassinés 12 juin. Ils avaient été enlevés en Cisjordanie.

Puis, dans la nuit de mardi à mercredi, un Palestinien de 16 ans a été assassiné dans son quartier de Jérusalem-Est. Son corps calciné a été découvert plus tard dans une forêt de la ville.

Drame national

La découverte des corps des trois étudiants juifs est vécue comme un drame national en Israël. Le Hamas est accusé d’être responsable de la mort des trois jeunes gens.

L’organisation palestinienne qui administre la bande de Gaza n’a ni confirmé, ni démenti ces accusations. Ce climat de violences intercommunautaire enflamme aussi les réseaux sociaux, où les appels à la vengeance se multiplient des deux côtés.

Les forces armées israéliennes stationnées le long de la bande de Gaza ont toutefois été renforcées depuis jeudi. Cette disposition vise à faire comprendre aux activistes palestiniens qu’une invasion demeurait une option si les tirs de roquettes ne cessaient pas.

Boire du carburant

Les funérailles du jeune Palestinien, vendredi, ont été émaillées de heurts. Les rapports préliminaires d’autopsie, cités samedi par l’agence palestinienne Maan, ont révélé la présence de fumée dans les poumons du jeune Palestinien. Cela signifie qu’il était encore en vie lorsque son corps a été brûlé.

«C’est la première fois que j’entends parler d’une telle manière de tuer, le garçon ayant été brûlé de l’intérieur et de l’extérieur, car il a probablement été forcé à boire du carburant», a déclaré le ministre palestinien chargé de Jérusalem, Adnane al-Husseini, en accusant des colons israéliens.

Extrémistes juifs arrêtés

Dimanche, la police israélienne a arrêté six suspects dans le cadre de l’enquête sur le meurtre du jeune Palestinien. Aucune autre information n’a été divulguée, l’enquête étant soumise à la censure médiatique. «Les gens arrêtés (…) appartiennent apparemment à un groupe extrémiste juif», a déclaré à l’AFP un responsable israélien.

La police a laissé entendre dimanche, pour la première fois, que cet assassinat pourrait avoir eu des motifs politiques. Cet enlèvement et ce meurtre pourraient avoir été commis en représailles au rapt des trois adolescents israéliens.

Assignation à résidence

Par ailleurs, un tribunal de Jérusalem a prononcé dimanche l’assignation à résidence pour neuf jours d’un jeune Palestinien de nationalité américaine, cousin du Palestinien brûlé vif. Il avait été interpellé par la police israélienne lors d’une manifestation jeudi à Jérusalem-Est.

Les Etats-Unis ont demandé l’ouverture d’une enquête. Le ministère israélien de la Justice a précisé que la police des polices allait examiner les circonstances de cet incident.

(afp/Newsnet)