Questions d’actualité à l’Assemblée : SONKO TERA TERRE

 

«Sonko moy Diomaye et/ou Diomaye moy Sonko» ? Hier, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre s’est livré à une séance d’éclairage sur ses relations avec le Président Faye. Par contre, il s’est désolidarisé de la position du Sénégal sur le cas Embaló, en demandant la poursuite du processus électoral après savoir dénoncé une «combine» pour commenter le coup d’Etat en Guinée-Bissau.

Par Malick GAYE – Le Premier ministre voulait-il exposer la profondeur de ses divergences avec le président de la République sur la place publique ? Au lendemain du coup d’Etat à Bissau, le Sénégal a exfiltré Embaló pour le mettre en sécurité à Dakar. Mais, Sonko a une lecture différente de la situation en Guinée-Bissau, où l’ordre constitutionnel a été brutalement interrompu à la veille de la proclamation des résultats provisoires de la Présidentielle. «Ce qui se passe en Guinée-Bissau est une prérogative du président de la République. Je ne vais pas trop m’y aventurer (…)», assure-t-il, admettant que la diplomatie est un domaine réservé au chef de l’Etat. Il commente néanmoins les évènements en cours : «Tout le monde sait que ce qui s’est passé en Guinée-Bissau est une combine. Le processus électoral doit aboutir. Il faut libérer Domingo.» Cette position brouille le message diplomatique de Dakar, qui a condamné le coup d’Etat, après avoir sorti de Bissau le chef de l’Etat déchu. Sur place, le putsch semble être consommé avec la nomination d’un Premier ministre de Transition, hier.
Face aux députés lors de la séance de Questions d’actualité, Ousmane Sonko n’a pas occulté le débat sur la crise en cours au sein du pouvoir. Après le «Tera meeting», la majorité a été ébranlée par la décision du Président Faye de restructurer la Coalition Diomaye Président. Aïda Mbodj a été remerciée et Mimi Touré a été nommée Superviseure générale de la structure. Hier, Sonko a refait l’historique. Pour lui, le «Tera meeting» devait pousser à la «clarification». C’est dans cette logique qu’il souhaite que ses militants comprennent la situation. «Tous ceux qui croient qu’il existe des problèmes insurmontables se trompent. Il n’y a que la paix entre nous. On part travailler ensemble, on mange ensemble, il n’y a aucun problème. Mais chacun peut avoir sa vision concernant la politique. Concernant l’Etat, on est plus soudés quand il s’agit du travail», a tempéré Ousmane Sonko.
Le président de Pastef semble néanmoins accepter la réalité actuelle des choses. «En politique, chacun peut suivre sa propre route. Ce que les gens ne savent pas, cependant, c’est que je ne travaille pas pour le Président Diomaye Faye : je travaille pour les Sénégalais.
Mais, ce travail est sous la responsabilité de Diomaye Faye et sera comptabilisé dans son mandat.
Donc, je fais tout ce que je considère bon pour le Sénégal. Donc, aucun contexte politique ne nous empêchera de travailler ensemble», a déclaré Ousmane Sonko.
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