L’enquête sur la tentative de déstabilisation du régime de Patrice Talon, survenue en décembre dernier, connaît un nouveau développement judiciaire majeur. Alors que les investigations se poursuivent pour retrouver le cerveau présumé de l’opération, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) vient de placer en détention une figure historique de l’opposition, inculpée pour des faits d’une extrême gravité malgré son absence du territoire au moment des événements.
C’est un nouveau tournant dans le dossier du putsch manqué du 7 décembre 2025. Selon nos informations, confirmées par l’agence Anadolu, Abraham Kwame Alassane Tigri a été placé sous mandat de dépôt dans la soirée du jeudi 29 janvier 2026. L’ancien ministre des Sports sous la présidence de Nicéphore Dieudonné Soglo avait été interpellé la veille à son domicile de Cotonou.
Actuel vice-président du parti « Les Démocrates », principale formation de l’opposition béninoise, l’homme politique fait face à un réquisitoire particulièrement lourd. La Criet le poursuit pour trahison, intelligence avec une puissance étrangère, complicité de meurtre et attentat contre la sûreté de l’État. Un élément factuel complexe marque ce dossier : l’accusé ne se trouvait pas au Bénin durant la période de la tentative de coup d’État.
Cette incarcération intervient dans le sillage direct des événements survenus aux premières heures du 7 décembre 2025. Un groupe de militaires avait alors tenté de renverser le président Patrice Talon avant d’être repoussé par l’armée régulière. Si une trentaine de mutins ont été arrêtés, le chef présumé des opérations, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, demeure toujours en fuite.
La procédure judiciaire en cours a déjà conduit à la détention de plusieurs autres acteurs politiques. Parmi eux figurent Candide Azannaï, ancien ministre de la Défense et président du parti Restaurer l’Espoir, ainsi que le député Sounon Boké Soumaïla, cadre du parti Les Démocrates. D’autres personnalités ont été inquiétées avant d’être relâchées, à l’image de Chabi Yayi, fils de l’ancien président Boni Yayi, qui a été placé sous contrôle judiciaire après son audition.



