Thierno Alassane Sall s’ajoute à la liste des voix critiques qui agitent l’hémicycle depuis l’ouverture des débats sur la réforme électorale, ce mardi 28 avril 2026. Entre accusations de personnalisation des textes, soupçons d’orientation politique et tensions institutionnelles, la proposition de loi n°11/2026 modifiant le Code électoral cristallise désormais une confrontation majeure en séance plénière.
Dans une intervention au ton particulièrement incisif, le député de l’opposition a estimé que le texte en discussion ne concernait pas l’intérêt général des Sénégalais, mais visait en réalité une situation politique singulière. « La proposition de loi n’intéresse que Sonko sur les 18 millions de Sénégalais », a-t-il affirmé, faisant directement référence à l’ancien leader de Pastef. Il a fustigé une accélération du calendrier législatif qu’il juge incompréhensible, dénonçant un empressement qui ignorerait les discussions institutionnelles pourtant en cours au ministère de l’Intérieur.
Une démarche jugée opaque
Le parlementaire considère que la méthode employée par la majorité manque de transparence et de concertation. Évoquant une initiative qui « frise la honte », il a remis en cause la conduite de cette réforme au sein du Parlement. Pour lui, des priorités législatives essentielles auraient été délibérément écartées, citant notamment la révision de la loi d’amnistie, qu’il juge primordiale dans le contexte politique actuel.
Le volet judiciaire s’invite au débat
Dans un registre plus sensible, Thierno Alassane Sall a également exhumé des dossiers judiciaires passés, appelant à une clarification de certaines procédures. Selon lui, des éléments nouveaux devraient conduire à une réévaluation de l’affaire dite « Sweet Beauté », interpellant les autorités judiciaires sur la rigueur du traitement de ce dossier. Il a par ailleurs sollicité une vigilance accrue des organes de contrôle financier sur d’autres dossiers en cours.
Au-delà des enjeux juridiques, le député a conclu en accusant la majorité parlementaire de dérive dans l’exercice du pouvoir. Estimant que les choix sont imposés sans véritable débat démocratique, il a lancé une charge frontale à l’endroit de ses collègues du pouvoir : « Vous êtes une majorité qui écrase la démocratie ». Cette déclaration vient confirmer le climat de rupture totale qui règne désormais entre les blocs parlementaires autour de la refonte du Code électoral.
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