Classement 2026 de RSF : baisse des subventions, convocations de journalistes et recul du Sénégal

 

Le nouveau classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières ce 30 avril 2026 confirme une tendance préoccupante, le Sénégal perd du terrain. Classé 74e en 2025, le pays recule de quatre places, un signal d’alerte dans une région où la stabilité médiatique est souvent fragile. Cet indice, qui évalue plus de 180 pays, met en lumière les transformations,  parfois inquiétantes, de l’environnement dans lequel évoluent journalistes et médias.

Selon Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF, cette baisse s’explique en grande partie par une dégradation de l’indicateur économique. Pendant près de deux ans, de nombreux médias sénégalais ont fonctionné sans subventions publiques, tout en faisant face à un accès limité à la publicité, notamment de la part d’entreprises nationales. À cela s’ajoutent des retards de paiement pour des prestations déjà réalisées, fragilisant davantage un secteur déjà sous pression.

Mais au-delà des difficultés économiques, c’est aussi le climat politico-judiciaire qui interroge. Depuis 2024, les convocations de journalistes se sont multipliées, évoluant en 2025 vers des arrestations plus fréquentes, parfois suivies de détentions. Des accusations récurrentes comme la diffusion de “fausses nouvelles” ou l’offense à un chef d’État étranger ont été utilisées, soulevant des inquiétudes quant à leur impact potentiel sur la liberté d’expression. Plusieurs cas médiatisés illustrent cette tendance, même si certains journalistes ont été relâchés après audition.

Malgré ce tableau sombre, des signaux positifs subsistent. L’adoption d’une loi sur l’accès à l’information constitue une avancée notable, tout comme la capacité croissante des médias et organisations à contester des décisions devant la justice. Pour RSF, l’enjeu désormais c’est de renforcer les mécanismes d’autorégulation comme le Conseil pour le respect de l’éthique et de la déontologie, tout en évitant que les poursuites judiciaires ne soient perçues comme des instruments d’intimidation.

 

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