Dakar, 11 sept (APS) – Le diagnostic réalisé dans le cadre de la révision de la carte sanitaire du Sénégal fait ressortir que 23 départements sont dépourvus d’hôpital et que 80 % des communes sont sans centre de santé, a t-on appris du coordonnateur de la Cellule de la carte sanitaire et sociale, de la santé digitale et de l’observatoire de la santé (CSSDOS), Dr Khalil Dia.
Ce diagnostic a mis en évidence d’importants déficits en infrastructures et en ressources humaines, avec 23 départements dépourvus d’hôpital et 80 % des communes sans centre de santé, a expliqué M. Dia.
‘’Nous avons également constaté que 23 départements sont sans hôpital, soit 48 %, ce qui représente 32 % de la population’’, a-t-il révélé lors de la présentation des résultats de l’évaluation de la carte sanitaire du Sénégal.
Cette situation expose les populations concernées à des déplacements vers les capitales régionales pour accéder à des soins de base, notamment en pédiatrie et en chirurgie, a-t-il fait noter.
”Même dans la région de Dakar, le déficit demeure marqué, puisque 43 % des communes d’arrondissement ne disposent pas de centre de santé”, a déploré Dr Khalil Dia.
Le diagnostic fait aussi ressortir des disparités démographiques importantes, avec certains départements, notamment Mbour et Keur Massar, qui comptent près de 800 000 habitants, alors que la moyenne départementale est de 472 000 habitants, a poursuivi le coordonnateur de la Cellule de la carte sanitaire et sociale, de la santé digitale et de l’observatoire de la santé.
La norme retenue pour une capitale départementale est fixée à 450 000 habitants.
A l’échelle régionale, toutes les régions, à l’exception de Kédougou, devraient dépasser d’ici 2030 le seuil de 600 000 habitants retenus comme norme maximale pour permettre l’implantation d’un hôpital national, selon Dr Dia.
Un déficit de 49 % en ressources humaines
‘’Le taux de satisfaction des besoins en personnel qualifié pour les soins préventifs, curatifs et promotionnels s’établit actuellement à seulement 51 % au niveau national’’, a par ailleurs déclaré le coordonnateur de la Cellule de la carte sanitaire et sociale, de la santé digitale et de l’observatoire de la santé.
Le déficit atteint donc 49 % des besoins, a-t-il précisé.
Concernant spécifiquement les médecins, le ratio actuel est d’un médecin pour 7 000 habitants, a-t-il fait observer.
‘’L’ambition affichée est de parvenir à un médecin pour 3 000 habitants, même si les responsables souhaitent désormais s’appuyer sur les données de l’Ordre des médecins pour disposer d’indicateurs plus fiables’’, a ajouté M. Dia.
La nouvelle carte sanitaire vise ainsi à réduire les disparités territoriales et à permettre à chaque citoyen d’accéder à des soins de qualité à moins de 30 minutes de son lieu de résidence, a assuré le coordonnateur de la Cellule de la carte sanitaire et sociale, de la santé digitale et de l’observatoire de la santé.



