Restauration de la mangrove ; le maire de Djirnda plaide pour une protection des îles du Saloum contre le changement climatique.

 

Ndindé, un hameau de la commune de Djirnda, dans les îles du Saloum (Foundiougne), a vibré dimanche au rythme d’une journée de restauration de la mangrove initiée par l’ONG ActionAid. Cette activité a permis à Badara Diome, maire de Djirnda, d’anticiper sur la Conférence des parties sur les changements climatiques (Cop 31 du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya en Turquie) et d’appeler également l’État à mettre en place un Plan spécial de protection insulaire.

FOUNDIOUGNE – Tous, arborant des tee-shirt verts, plusieurs dizaines de jeunes ont pris part hier à la restauration de la mangrove de Ndindé, un hameau de la commune de Djirnda, dans les îles du Saloum (Foundiougne). Initiée par l’ONG ActionAid à travers la campagne “Fund Our Future” (Financer notre avenir), cette activité de reboisement a vu la présence de Badara Diome, maire de Djirnda, de l’adjoint au sous-préfet de Niodior, Mamadou Diagne, entre autres autorités.

De nombreuses propagules ont été plantées sur un espace de 5 hectares. À travers cette action, les initiateurs entendent densifier la mangrove qui subit les effets du changement climatique. D’une façon générale, il s’agit de s’ériger en défenseur de l’environnement et particulièrement du domaine agroécologique. “Le message que nous portons à travers cette campagne est qu’il y ait, au moins, une augmentation de 30% du budget réservé à l’agroécologie”, à laissé entendre Rodolphe Aguemon, chargé de communication et de campagne à ActionAid.

La journée a été surtout un prétexte pour anticiper sur la Conférence des parties sur les changements climatiques (Cop 31 du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya en Turquie). Pour le maire de Djirnda, cet événement de grande envergure doit être une occasion pour les hautes autorités du pays d’enfiler la robe d’avocat pour le milieu insulaire menacé par le changement climatique.

“En tant qu’insulaires, nous sommes menacés par l’avancée de la mer, l’érosion côtière, la dégradation des habitats et de la biodiversité, par la diminution de la mangrove, la perte des surfaces cultivables…L’État du Sénégal doit porter le plaidoyer en faveur de la protection insulaire pour que nos villages soient à l’abri”, alerte l’autorité locale.

Mieux, l’édile de Djirnda va plus loin pour proposer une stratégie de préservation de ces localités exposées aux risques environnementaux. De l’avis de Badara Diome, l’État doit élaborer un Plan spécial pour les îles du Saloum. C’est ce qu’il éclaircit ici :“L’État, en collaboration avec les collectivités locales et les partenaires au développement, doit mettre en place un document ayant trait à la protection des îles et à leur développement”.

D’ici là, les populations poursuivent la lutte de protection de leurs terroirs à travers des initiatives locales comme cette séance de restauration de la mangrove du hameau de Ndindé. Selon les témoignages d’experts, la mangrove participe activement à la protection des communautés. En plus d’être un habitat naturel pour les poissons et les oiseaux, elle assure aussi la séquestration du carbone. D’ailleurs, au sujet de ce dernier, le maire de Djirnda a porté à la connaissance du public de l’existence du projet de Crédit carbone du Delta du Saloum. “On espère pouvoir commencer à recevoir les redevances du crédit carbone d’ici 2027”, informe Badara Diome.

El hadji Fodé SARR (Correspondant)