Le gouvernement prône un enseignement supérieur axé sur la transformation du pays (directeur)

 

Dakar, 8 nov (APS) – Le gouvernement a réaffirmé sa volonté de promouvoir un enseignement supérieur qui prépare véritablement les générations futures à participer à la transformation du pays, au-delà de la simple délivrance de diplômes, a-t-on appris, samedi, du directeur de l’Enseignement supérieur privé, Dr Benoit Tine.

S’exprimant lors de la cérémonie de graduation de l’Institut polytechnique panafricain (IPP) au Grand Théâtre de Dakar, M. Tine, représentant du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ((MESRI), a tracé le cap : ‘’Notre ambition doit être de former des diplômés qui maîtrisent leurs disciplines, mais qui sont également capables de mobiliser leurs connaissances pour résoudre les problèmes de leur environnement’’.

‘’Pour concrétiser cette vision, nous développons des cursus de qualité, stimulons la recherche et l’innovation, et connectons directement nos universités au monde économique’’, a-t-il relevé.

À cet égard, les autorités ont salué la trajectoire de l’IPP Dakar, un établissement qui a successivement obtenu son agrément définitif en 2013 et son habilitation institutionnelle en novembre 2024. Avec près de 2 000 diplômés originaires de 22 pays, cet institut participe activement à l’émergence d’un espace africain de partage des connaissances et de circulation des compétences.

Le représentant du ministre a rappelé que si l’enseignement supérieur privé est un moteur essentiel pour diversifier l’offre éducative et élargir l’accès aux études professionnelles, ce développement ne peut se faire à tout prix.

‘’Cette contribution doit nécessairement s’accompagner d’une exigence constante de qualité, de rigueur pédagogique et de conformité aux normes nationales d’accréditation’’, a averti l’autorité.

Invitant les dirigeants du secteur à s’inscrire durablement dans une démarche d’amélioration continue, Tine a insisté sur le fait que la crédibilité des établissements reposait exclusivement sur la valeur des compétences mises à la disposition de la société.

Le directeur de l’enseignement supérieur privé a aussi plaidé pour la création d’une alliance quadripartite entre l’État, les établissements, le secteur privé et les collectivités territoriales afin de renforcer l’employabilité des diplômés.

‘’Cette synergie est indispensable pour opérer une transformation radicale des relations entre le monde de la formation et le secteur privé’’, a-t-il soutenu.

Pour combler le fossé entre les compétences académiques et les réalités de l’emploi, il a insisté sur l’urgence de renforcer les partenariats :’’ Les entreprises ne doivent plus être de simples spectatrices. Cette alliance doit impérativement se traduire par des engagements courts, des objectifs partagés et des résultats mesurables’’.

En contrepartie de cette dynamique, les établissements privés sont appelés à intensifier l’immersion professionnelle de leurs apprenants, tout en gardant à l’esprit que cette ouverture sur le monde économique ne saurait se faire au détriment de l’excellence.

Présent à la cérémonie, le directeur de cabinet du ministère des Infrastructures, Abdourahmane Sall, a rappelé les sacrifices que demande un parcours scientifique, tout en insistant sur le fait que le parchemin reçu représente d’abord un devoir envers la nation.

‘’Le diplôme est un accomplissement, mais ce n’est pas une fin en soi. C’est une responsabilité envers vous-mêmes, envers vos familles, et surtout envers la société ‘’, a-t-il déclaré.

Face aux défis de modernisation du pays, il a exhorté les diplômés à devenir des acteurs de rupture par l’apprentissage continu et le refus de la médiocrité technique.

‘’L’innovation est le véritable moteur du développement. Notre secteur a un besoin urgent d’ingénieurs et d’architectes capables de concevoir des projets modernes, d’imaginer des solutions durables et de respecter des standards stricts. Nous ne devons tolérer aucun compromis sur la qualité, la rigueur technique et la conformité des infrastructures que nous bâtissons’’, a-t-il martelé.

En croisant les exigences de gouvernance du MESRI et les besoins opérationnels du ministère des Infrastructures, les autorités réaffirment une volonté commune de lier structurellement l’enseignement supérieur aux grands chantiers et défis techniques du pays.