Un nouveau gouvernement irakien uni pour vaincre l’EI

 

 

Le Parlement irakien a approuvé ce lundi soir 8 septembre le gouvernement d’union présenté par le premier ministre Haïda Al-Abadi. Cet exécutif, qui aura pour mission d’incarner l’unité du pays face aux djihadistes de l’Etat islamique (EI), n’est toutefois pas encore au complet.

Haïda Al-Abadi, désigné le 11 août pour former un gouvernement d’union, a demandé ce lundi 8 septembre au Parlement un délai d’une semaine pour attribuer les postes vacants, dont l’Intérieur et la Défense. Entre-temps c’est lui-même qui assurera l’intérim.

Abdel Abdel Mehdi, membre du Conseil islamique suprême d’Irak, a hérité du ministère du Pétrole tandis que l’ancien chef du gouvernement Ibrahim al-Jaafari devient ministre des Affaires étrangères.

Le Parlement a par ailleurs approuvé les nominations du chiite Nouri al Maliki, Premier ministre sortant, du sunnite Oussama al Noudjaifi, ex-président du Parlement, et de l’ancien chef du gouvernement chiite Lyad Allaoui aux postes protocolaires de vice-présidents.

Plaçant son discours sous le signe de l’unité, Haïdar al-Abadi s’était auparavant engagé à régler «toutes les questions en suspens avec la région autonome du Kurdistan».

Soutien symbolique

Signe des tensions dans le pays, les élus kurdes avaient dans un premier temps refusé de participer à la session du Parlement dans l’attente d’une décision de leur direction, selon un correspondant. Ils ont finalement rejoint la réunion.

Les relations entre le gouvernement central et la région autonome du Kurdistan irakien, historiquement difficiles sur des questions de ressources naturelles et de territoires, se sont encore tendues avec l’offensive de l’EI. Les Kurdes ont profité de la déroute de l’armée irakienne face à l’EI pour s’emparer de territoires disputés de longue date.

Mais face à l’avancée djihadiste qui menaçait même Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, Nouri al-Maliki avait ordonné à l’armée de l’air d’apporter son soutien aux combattants kurdes, une rare coopération entre les deux parties.

Ce vote sous haute tension devait marquer une importante étape politique et un changement de cap pour l’Irak après que le premier ministre Nouri al-Maliki, au pouvoir depuis 2006, eut été accusé par ses détracteurs d’avoir contribué à la montée en force de l’EI dans ce pays majoritairement chiite en menant une politique autoritaire excluant la minorité sunnite.

Mission de Kerry

Face au danger représenté par l’EI, coupable d’exactions dans les larges pans de territoire qu’il occupe en Irak et en Syrie, où il a déclaré un califat» à cheval sur les deux pas, les Etats-Unis ont enclenché la vitesse supérieure. Barack Obama doit présenter son «plan d’action» contre l’EI, qui devrait être fondé sur le principe d’une coalition internationale sans l’envoi de troupes américaines au sol.

Auparavant, le secrétaire d’Etat John Kerry part mardi pour une tournée au Moyen-Orient. Il doit se rendre notamment en Jordanie et en Arabie saoudite, afin de discuter «de la situation en cours en Irak». Il s’entretiendra aussi de «la manière de soutenir davantage la sécurité et la stabilité du gouvernement irakien».

Selon une porte-parole de la diplomatie américaine, plus de 40 pays doivent participer d’une manière ou d’une autre à cette coalition, dont le but est de se «coordonner face la menace posée par l’EI». Reprenant le vocabulaire utilisé dimanche par Barack Obama, la porte-parole a répété l’objectif de Washington: «affaiblir» et «vaincre» l’Etat islamique.

Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel était de son côté lundi à Ankara, où il a rencontré le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays partage une frontière avec l’Irak.

Nouvelles violences

Sur le terrain, au moins 18 personnes ont été tuées et plus de 50 blessées lundi dans un double attentat suicide et des affrontements lorsque des hommes armés ont lancé un assaut contre Dhoulouiya, à 90 km au nord de Bagdad. Certaines sources ont affirmé que l’assaut, repoussé selon un officier de police, était mené par l’EI qui tente depuis des semaines de prendre le contrôle de cette localité.

Les avions de combat américains ont étendu ce week-end leur zone de frappes pour la première fois dans la province à majorité sunnite d’Al-Anbar (ouest), contrôlée partiellement par l’EI. Mettant à profit ces raids, les forces irakiennes appuyées par des tribus sunnites ont lancé une vaste offensive dans la région de Haditha contre l’EI qui menace un barrage vital.

(ats/Newsnet)