Le Premier ministre albanais Edi Rama est arrivé ce lundi 10 novembre à Belgrade.
Il a été accueilli par son homologue serbe Aleksandar Vucic lors d’une cérémonie avec les honneurs militaires devant le Palais du gouvernement à Belgrade. Les deux hommes vont s’entretenir en tête-à-tête et plusieurs accords doivent être signés.
Tirana assure que Edi Rama se rendra mardi dans la Vallée de Presevo, dans le sud de la Serbie où vit une communauté albanaise forte de 60’000 personnes. Belgrade n’a toutefois pas confirmé.
Apaiser les controverses
Cette visite devrait permettre d’apaiser les controverses qui pèsent sur les relations bilatérales en raison du vieux contentieux de l’indépendance du Kosovo mais aussi des revendications de la minorité albanaise de Serbie. Celle-ci réclame davantage d’autonomie voire même un rattachement au Kosovo majoritairement albanais.
Belgrade accueille Edi Rama avec l’espoir que sa visite permettra de «tourner la page (…) dans le but commun de préserver la stabilité dans les Balkans», a indiqué une source proche du gouvernement. Tirana, pour sa part, souhaite notamment que la visite améliore les fragiles relations dans les Balkans.
«Il est temps de tourner la page, de ne pas tomber dans le piège d’une politique qui nous a longtemps tenu en otage», a déclaré Edi Rama quelques jours avant son départ pour Belgrade.
Match interrompu
Le 14 octobre à Belgrade, de graves incidents ont entraîné l’arrêt du match de football Serbie-Albanie comptant pour les qualifications pour l’Euro-2016. Dans la foulée, la visite de Edi Rama initialement prévue le 22 octobre a été reportée de trois semaines.
Ces incidents considérés par la Serbie comme une «provocation politique», engendrés par le survol du stade belgradois par un drone portant le drapeau de la «Grande Albanie», ont dégénéré en une crise politique sans précédent. Elle a été accompagnée de vifs échanges entre Belgrade et Tirana illustrant la fragilité des relations entre les deux nations.
La police enquête
La «Grande Albanie» est un projet nationaliste visant à réunir tous les Albanais en un seul Etat, dont le Kosovo, l’ancienne province serbe majoritairement peuplée d’Albanais qui a proclamé son indépendance en 2008. Belgrade, à la différence de Tirana, refuse de la reconnaître.
Belgrade a même affirmé que le drone avait été manipulé depuis une loge officielle dans les tribunes du stade par Olsi Rama, frère du Premier ministre albanais. En revanche, rien n’a filtré depuis sur l’enquête de la police serbe qui «se poursuit».
UE déterminée
Face à la ferme détermination de l’Union européenne à pousser Serbes et Albanais à normaliser leurs relations, la Serbie et l’Albanie qui aspirent à rejoindre l’UE ont œuvré en faveur d’un apaisement.
Au lendemain des incidents, Edi Rama et son homologue serbe, Aleksandar Vucic, soucieux du maintien de la stabilité régionale, ont convenu de maintenir cette visite. Cela malgré «des désaccords évidents» sur les origines des incidents.
Conflit armé
Rongée par la pauvreté et le chômage, cette région qui souhaite s’unir avec le Kosovo voisin, a souvent été le théâtre de vives tensions. Il y a eu même un bref mais violent conflit armé en 2001.
Pourtant, même si Belgrade refuse de reconnaître l’indépendance du Kosovo, des progrès significatifs ont été réalisés. Notamment la conclusion, sous la houlette de Bruxelles, d’un accord considéré comme «historique» portant sur la normalisation des relations entre Belgrade et Pristina.
(ats/Newsnet)



