OSCE: La présidence serbe prise «en sandwich» entre la Suisse et l’Allemagne

Le 1er janvier prochain, ce sera au tour de la Serbie de présider, pour une année, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). «Venir après la Suisse ne sera pas facile, elle a placé la barre très haut», reconnaissait lui-même, jeudi à Bâle, l’ambassadeur serbe Dejan Sahovic qui dirigera la Task force de son pays durant les 12 mois de 2015.

Alors que la crise ukrainienne risque bien d’occuper encore l’essentiel des efforts de l’organisation, la Serbie, réputée proche de la Russie, saura-t-elle faire preuve de l’impartialité indispensable pour présider une organisation de 57 Etats, qui de Vancouver à Vladivostok, réunit des pays aussi différents que le Canada, l’Islande, Malte ou le Kirghizistan?

«Belgrade aura certes les coudées moins franches que la Suisse, commente André Liebich, professeur honoraire au Graduate Institute de Genève (Institut de hautes études internationales et de développement), mais étant dans une phase de rapprochement avec l’Union européenne, je pense que la Serbie cherchera à se légitimer par rapport à l’Occident.»

Le fonctionnement de l’OSCE – basé sur le consensus, rappelons-le – devrait toutefois permettre à la Serbie d’assumer parfaitement son rôle. «En effet, explique un diplomate suisse en poste au siège de l’organisation à Vienne, la présidence de l’OSCE fonctionne sur le principe de la troïka», c’est-à-dire que la présidence sortante – en l’occurrence la Suisse, en 2014 – épaule la présidence entrante – la Serbie pour 2015, en collaboration avec la présidence à venir – l’Allemagne, prévue pour 2016. «Nous appelons ça le sandwich positif», dit avec humour notre diplomate.

Epaulée par l’Allemagne et la Suisse – dont la présidence a été encensée lors de la Conférence ministérielle de l’OSCE qui s’est achevée vendredi à Bâle – la Serbie devrait avoir tous les atouts en main pour réussir son année. Sur les bords du Rhin, l’ambassadeur Sahovic s’en est dit convaincu. «Nous inspirant de la Suisse, nous continuerons à assurer le rôle de facilitateur au sein de l’OSCE», a-t-il assuré.

(24 heures)