Il faut dépolluer Paris. Après les alertes aux microparticules polluantes qui ont fait grimacer les Parisiens, la maire de la capitale a annoncé hier dans les colonnes du Journal du dimanche un plan drastique de lutte contre la pollution, visant à l’interdiction des véhicules diesels d’ici à 2017. Les groupes d’opposition au Conseil de Paris ont réagi avec scepticisme à l’éventail de propositions d’Anne Hidalgo.
Qualifiant la semi-piétonnisation du centre de la capitale d’«heureuse initiative», Yann Wehrling, porte-parole du groupe d’opposition UDI-MoDem au Conseil de Paris, s’étonne du «beau revirement» de la maire socialiste. Dans un communiqué, il affirme que «la circulation à pied» était «un axe majeur» des propositions de sa liste «lors des dernières municipales». Le groupe UMP «se félicite qu’Anne Hidalgo se rallie aujourd’hui à ses propositions», et annonce qu’il va proposer un vœu visant à «interdire l’accès de Paris aux autocars de tourisme les plus polluants».
La maire de la capitale a évoqué des négociations avec les autocaristes pour trouver une solution. «Nous ne doutons pas que Mme Hidalgo votera ce vœu, à moins que ses annonces ne se résument à une opération de communication», commentait l’UMP. Anne Hidalgo a aussi annoncé sa volonté de réduire le trafic des poids lourds en développant le fret sur la Seine et sur rail. Elle a aussi souhaité que la vitesse dans les rues de la capitale soit réduite à 30 km/h, sauf sur certains axes très fréquentés, où la limitation resterait à 50 km/h.
Enfin, elle a appelé de ses vœux la mise en place d’une signalétique qui permettrait de repérer les véhicules les plus polluants, qui seraient donc interdits de circulation dans ce qu’elle appelle les actuels «canyons de pollution» de la capitale. La pollution réduirait l’espérance de vie des Parisiens de sept ou huit mois.
Pour protester contre la pollution de leur vallée par le trafic routier, quarante à soixante Haut-Savoyards ont, eux, bloqué l’accès au tunnel du Mont-Blanc plus d’une heure, samedi.
(24 heures)



