La police a commencé ce jeudi 11 décembre à interpeller les manifestants restés sur le principal campement du mouvement pro-démocratie au cœur de Hong Kong. Un développement qui marque le probable épilogue de semaines de protestations revendiquant l’instauration d’un véritable suffrage universel dans l’ancienne colonie britannique.
Des centaines de policiers ont envahi le site, un village de tentes et de barricades installé depuis 11 semaines dans le quartier d’affaires d’Admiralty, près du siège du pouvoir. Ils ont démonté tentes et barricades sur leur passage.
Puis, ils ont fondu sur les quelques dizaines d’irréductibles encore présents et qui avaient organisé un sit-in, parmi lesquels des meneurs étudiants et des députés pro-démocratie. Ils les ont emmenés un à un avant de les faire monter dans des véhicules de police. Ils portaient ceux qui refusaient de marcher.
«Nous voulons une vraie démocratie»
«Nous sommes pacifiques», «nous ne résistons pas», «nous voulons une vraie démocratie», criaient les protestataires.
Depuis le pic de la contestation le 28 septembre, lorsque les manifestants étaient descendus dans la rue par dizaines de milliers, le nombre de protestataires a nettement diminué dans le territoire passé sous tutelle chinoise. Et le soutien au mouvement de l’opinion publique, lassée par les embouteillages et les perturbations, s’est érodé.
Décision de la Haute cour
Ces opérations d’évacuation font suite à une décision de la Haute cour, saisie par des commerçants et des compagnies de transport en commun. Les huissiers de justice se sont présentés dans la matinée sur le campement. Puis les ouvriers ont commencé à démanteler les barricades érigées sur une autoroute à neuf voies, un des grands axes de circulation de l’île de Hong Kong.
«Ce n’est pas la fin du mouvement»
Des milliers de personnes s’étaient réunies à Admiralty mercredi soir pour un ultime baroud d’honneur. Jeudi, bon nombre de manifestants avaient démonté leur tente et quitté les lieux. Après l’expiration de son ultimatum, la police avait toutefois encore laissé partir ceux qui le souhaitaient, non sans avoir relevé leur identité.
«Ce n’est pas la fin du mouvement», a assuré la députée pro-démocratie Claudia Mo. «Le réveil de la conscience politique de la jeunesse est irréversible et le combat continue».
Certains disaient leur tristesse de n’être parvenus à aucun résultat concret, d’autres estimaient néanmoins que le mouvement avait changé le visage de Hong Kong.
«Je suis triste car nous n’avons pas atteint notre but mais je pense que nous pourrons progresser à l’avenir», disait Dubi, 23 ans. «Je pense que c’est le début de quelque chose à long terme».
Jimmy Lai, magnat de la presse très critique à l’endroit de Pékin, a assuré qu’il resterait là jusqu’à son «arrestation». «Nous attendons avec impatience» la nouvelle étape du mouvement, a-t-il dit.
La plus grave crise politique depuis 1997
Un autre campement plus petit, à Causeway Bay, temple du magasinage prisé par les Chinois du continent, était lui quasiment à l’abandon jeudi, quelques rares touristes y déambulant en prenant des photos. Un troisième campement, à Mongkok, dans la partie continentale de Hong Kong, a été évacué fin novembre.
Territoire chinois bénéficiant d’une large autonomie, l’ancienne colonie britannique a connu avec ces manifestations sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à Pékin en 1997.
La Chine a accepté le principe du suffrage universel pour l’élection du prochain chef de l’exécutif en 2017 mais exige que les candidats reçoivent l’aval d’un comité loyaliste. Cela garantit aux yeux des manifestants l’élection d’un candidat inféodé à Pékin.
Empfänger(afp/Newsnet)



