L’Italie en grève générale contre la politique de Renzi

 

 

Des administrations à la santé, des écoles aux transports, tous les secteurs d’activité devraient être touchés, mais un service minimum sera garanti. La grève est prévue de 9h à 17h.

Les manifestants désapprouvent les politiques économique et sociale du gouvernement de Matteo Renzi.

Jeudi soir, le ministre des Transports, Maurizio Lupi, a renoncé au dernier moment à la réquisition qu’il avait décidée pour les transports ferroviaires, après avoir obtenu des syndicats du secteur que leur temps de grève soit raccourci d’une heure (de 9h00 à 16h00 au lieu de 17h00): cela devrait permettre aux habitants des banlieues qui manifestent ou qui travaillent, de rentrer chez eux en fin de journée.

«Ça ne va pas comme ça!»: tel est le mot d’ordre de cette grève organisée dans le secteur public et privé par la principale confédération italienne, la CGIL (gauche) et soutenue par l’UIL (modérée).

Une troisième confédération, l’UGL (droite), plus petite, est venue se joindre au mouvement, tandis que la CISL (catholique, modérée) ne s’y est pas associée, jugeant que la protestation dans le contexte actuel était contre-productive et qu’il fallait mieux proposer «un grand pacte social».

Réforme du travail

La principale cible de la colère syndicale reste le «Jobs Act», la réforme du marché du travail voulue par Matteo Renzi pour encourager les embauches. La loi, adoptée la semaine dernière, prévoit de faciliter les licenciements et de réduire les droits et protections des salariés dans leurs premières années de contrat.

Les syndicats dénoncent aussi le projet de budget 2015, jugeant ses mesures de relance de l’économie insuffisantes. Matteo Renzi a depuis son accession au pouvoir des relations tendues avec les syndicats dont il a réduit le poids en éliminant la concertation avec eux et le marchandage que ces derniers ont imposé pendant des décennies à tous les gouvernements sur de nombreux sujets.

Perturbations pour la Suisse

Des perturbations étaient attendues notamment dans le secteur aérien, en raison d’annulations de vol et de la participation à la grève de contrôleurs aériens. Des dizaines de vols ont déjà dû être annulés ou reprogrammés sur les principaux aéroports du pays, tandis que les transports en commun vont assurer le service minimum garanti par la loi, aux heures de pointe, mais s’arrêter le reste de la journée.

Pour pallier ces inconvénients, Rome a ouvert le centre-ville à tous les véhicules et non seulement à ceux munis d’un permis spécial, comme c’est le cas généralement.

La grève italienne a aussi des conséquences pour la Suisse. Dix vols de et vers Zurich ont dû être annulés, selon un porte-parole de l’aéroport. Il s’agit de liaisons Swiss avec Milan, Rome, Venise et Florence. Des retards sont prévus à l’aéroport de Genève, notamment vers Venise et Rome, selon le porte-parole de Cointrin. L’aéroport de Bâle-Mulhouse était plutôt épargné.

S’agissant des liaisons de trains, les CFF annoncent quelques légères perturbations entre Chiasso et Milan.

(ats/Newsnet)