Les policiers philippins ont mis au jour un système de corruption des fonctionnaires pénitentiaires qui permettait aux barons de la drogue emprisonnés de ne pas changer leurs habitudes, avec métamphétamines, poupées gonflables, scènes de striptease et jacuzzi.
Ce scandale qui met en lumière une corruption endémique aux Philippines.
Tout a commencé lundi par une descente de police dans la prison de Bilibid, dans la banlieue de Manille, pour vérifier des informations selon lesquelles de gros bonnets de la drogue continuaient à opérer depuis l’intérieur de leur cellule. «Tous les responsables seront punis», a promis mardi 16 décembre le président philippin Benigno Aquino.
Vingt «villas» équipées d’air conditionné avaient été construites dans l’enceinte de cette prison par ailleurs surpeuplée. Prévue pour 8900 prisonniers, elle en accueille 23’000.
«Les militaires devraient prendre en main la prison. Et tous ceux qui sont impliqués, du haut au bas de l’échelle, devraient être renvoyés», a réagi Dante Jimenez, fondateur de l’ONG locale Volunteers Against Crime and Corruption.
«Comme des rois»
La ministre de la Justice Leila de Lima a admis que les trafiquants «vivaient comme des rois», avec salles de bain carrelées de marbre, téléphones, ordinateurs et whisky de marque. Un coffre-fort contenant des montres de luxe a été trouvé dans une de ces villas et des liasses de dizaines de milliers d’euros dans les poches des riches détenus.
L’administration pénitentaire a assuré mardi ne pas avoir eu vent de ces privilèges négociés par les trafiquants avec les responsables de la prison. Selon Transparency International, les Philippines sont 85e sur 175 au classement mondial de la corruption.
(ats/Newsnet)



