«Le président Poutine et les dirigeants russes doivent réfléchir sérieusement à (…) un changement radical d’attitude envers le reste du monde», a affirmé ce jeudi 18 décembre la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini à son arrivée au sommet des chefs d’Etats et de gouvernements européens à Bruxelles.
Elle a souligné que la grave crise financière russe, due en partie aux sanctions occidentales contre Moscou, n’était «pas une bonne nouvelle», ni pour «les citoyens russes (…) ni pour l’Ukraine, ni pour l’Europe ou le reste du monde».
Investissements interdits
Aucune nouvelle sanction ne doit être décidée contre la Russie lors du sommet. L’UE a cependant approuvé jeudi un nouveau train de mesures décidées il y a un mois par rapport à la Crimée. Tous les investissements européens y sont désormais interdits pour marquer l’opposition de l’Europe à «l’annexion illégale» de la péninsule ukrainienne par la Russie.
Et le président Barack Obama a signé la loi adoptée par le Congrès américain autorisant de nouvelles sanctions contre la Russie dans le cadre du conflit ukrainien tout en soulignant qu’il n’avait pas l’intention d’en faire usage «à ce stade».
Poutine donne «tort» aux Occidentaux
Moscou a réagi en affirmant que la Crimée est une «partie inaliénable» de la Russie. Vladimir Poutine n’a d’ailleurs rien cédé sur le conflit ukrainien lors de sa conférence de presse annuelle.
«J’estime que nous avons raison en ce qui concerne la crise en Ukraine. Et comme je l’ai déjà dit, nos partenaires occidentaux ont tort», a déclaré le président russe dans une formule lapidaire.
M. Poutine, qui a qualifié l’Occident d’«empire», a accusé les Occidentaux de n’avoir pas su contrôler les pro-européens arrivés au pouvoir à Kiev il y a un an, après la chute de Viktor Ianoukovitch. «Il n’y aurait pas de guerre civile aujourd’hui en Ukraine. Mais nos partenaires occidentaux ont choisi une autre position», a-t-il dit.
«Patience» allemande
Peu avant, Angela Merkel avait averti: les sanctions contre la Russie sont «inévitables» tant que la situation reste confuse. «L’objectif de notre action est et demeure une Ukraine souveraine et territorialement unie qui puisse décider de son avenir», a-t-elle souligné, précisant que cela nécessitait «patience et persévérance».
La principale interlocutrice européenne de Vladimir Poutine a aussi insisté sur le fait que l’Europe cherchait toujours le dialogue avec Moscou et que l’objectif était «la coopération européenne en matière de sécurité avec la Russie, pas contre la Russie».
A son arrivée à Bruxelles, le président français François Hollande a évoqué pour sa part une «désescalade» des sanctions «si les gestes sont envoyés par la Russie».
Pas de plus vers l’Otan
De son côté, le président ukrainien Petro Porochenko a soumis jeudi au Parlement une loi devant permettre à Kiev de rejoindre un jour l’Otan pour assurer sa sécurité face aux menaces de la Russie.
La décision de M. Porochenko devrait entraîner l’annulation du statut de non-aligné, une classification donnée aux pays, telle la Suisse, qui refusent de se joindre à une quelconque alliance militaire ou à s’impliquer activement dans un conflit armé.
«Le statut de non-aligné de l’Ukraine a démontré qu’il constituait un moyen totalement inefficace pour assurer la sécurité» du pays, a expliqué M. Porochenko dans une note d’explication sur son site internet.
L’OSCE prolonge son mandat
De son côté, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a annoncé avoir prolongé de trois mois le mandat de ses observateurs aux postes-frontières de Gukovo et Donetsk, jusqu’au 23 mars 2015.
«Les observateurs vont rendre compte de la situation, notamment sur les mouvements à la frontière russo-ukrainienne aux deux postes-frontières», a déclaré l’OSCE dans un communiqué.
L’organisation, basée à Vienne, précise que leur mandat ne sera pas modifié, en dépit des demandes formulées par les Etats-Unis qui réclamaient qu’il soit étendu.
(ats/Newsnet)



