NANTES: Hollande annonce la «mort clinique» d’une victime

 

 

François Hollande a fait état mardi 23 décembre du décès d’une des personnes blessées dans l’attaque de Nantes (ouest) la veille par un automobiliste qui a lancé sa camionnette contre des piétons sur un marché de Noël.

«Je viens d’apprendre qu’il y a eu un décès à Nantes», a déclaré le chef de l’Etat en marge d’un déplacement dans l’archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon. Son entourage a ensuite indiqué qu’il s’agissait de la «mort clinique» de l’une des dix personnes blessées.

Coups de couteau

Cet incident survient après deux attaques contre des piétons et policiers, dont l’une dimanche soir à Dijon, où le responsable aurait fait l’objet d’une condamnation en Suisse.

A Nantes, cinq blessés graves ont été évacués vers des hôpitaux, a-t-on appris auprès de la préfecture de Loire-Atlantique. Le porte-parole du ministère français de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet, avait fait savoir sur BFM TV que le pronostic vital d’une des victimes était engagé.

Le ministère ajoute dans un communiqué que le chauffeur s’est porté une dizaine de «coups de couteau après avoir percuté les passants». Des personnes interrogées sur place ont évoqué des coups au niveau du thorax. Il a aussi été hospitalisé.

Pas de «revendication religieuse»

La procureure de Nantes, Brigitte Lamy, a déclaré, à des journalistes sur place, qu’on ne pouvait «pas parler d’acte terroriste» selon les premiers éléments, ajoutant qu’il n’y avait pas eu de «revendication religieuse» et que la justice «étudiait un carnet découvert à côté de la camionnette».

«C’est un acte volontaire. Ça ressemble, sous réserve de vérifications, à un acte du même genre que ce qui s’est produit à Dijon» (centre-est) dimanche soir, a ajouté la procureure.

Elle a apporté ces précisions après que des témoins cités par différents médias ont dit avoir entendu le conducteur crier «Allahou Akbar», ce que d’autres témoins interrogés ont démenti.

Connu de la police

Les faits se sont produits à 18h55 sur la place Royale, située dans la zone piétonne du centre-ville de Nantes. La place a été évacuée et le secteur a été bouclé par les forces de police.

L’homme serait connu des services de police, «pour des faits mineurs», a dit le porte-parole du ministère de l’Intérieur, sans pouvoir pour l’heure donner davantage d’informations sur les motivations de ce geste. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, devait se rendre sur place dans la soirée.

Quelques heures plus tôt, le président français François Hollande avait appelé à ne «pas céder à la panique» après deux attaques ce week-end contre des piétons et des policiers.

«Jamais nous n’avons connu un aussi grand danger en matière de terrorisme», a cependant estimé le Premier ministre Manuel Valls lundi soir. Il s’exprimait devant des policiers à Montpellier (sud), deux jours après l’attaque d’un commissariat par un jeune homme de 20 ans armé d’un couteau à Joué-les-Tours (centre-ouest) qui criait «Allah Akbar». Il a blessé trois policiers avant d’être abattu.

Condamné en Suisse

Si le mobile de l’islamisme radical semble pour lui établi selon les enquêteurs, en revanche l’automobiliste qui a dimanche délibérément blessé 13 piétons à Dijon (centre-est) souffre lui de «pathologie psychiatrique ancienne et lourde», a indiqué la procureure de Dijon, Marie-Chistine Tarrare, au cours d’une conférence de presse. Son geste «ne relève absolument pas d’un acte terroriste».

L’homme, un Français de 40 ans né en France de mère algérienne et de père marocain, dit avoir agi seul, ému par la souffrance des enfants palestiniens et tchétchènes, a-t-elle précisé. Cet ancien toxicomane qui a fait 157 passages en hôpital psychiatrique, souffre d’une «psychose ancienne» faite de «délire mystique».

D’après plusieurs sites de médias français, dont celui de BFM TV, la seule condamnation mentionnée sur le casier judiciaire du conducteur est une condamnation suisse. Il lui serait reproché d’avoir facilité l’entrée d’une personne en situation irrégulière sur le territoire helvétique.

Testament de l’agresseur

L’enquête sur l’attaque samedi à Joué-lès-Tours s’orientait pour l’heure vers «l’islamisme radical», l’agresseur de nationalité burundaise étant un converti à l’islam qui avait affiché sur son compte Facebook le drapeau du groupe djihadiste Etat islamique (EI).

Les perquisitions ont permis de découvrir «ce qu’on pourrait qualifier de testament religieux non daté dans lequel est évoqué le règlement des dettes, au cas où, et dans lequel Bertrand demande à Allah de lui donner la force», a indiqué lundi le procureur de Paris.

(ats/afp/Newsnet)