Le Canadien Luka Rocco Magnotta, surnommé le «dépeceur de Montréal», a été reconnu coupable mardi 23 décembre de l’assassinat d’un étudiant chinois en 2012, un crime qui avait eu un écho international, et a été condamné à la prison à perpétuité.
Le juge Guy Cournoyer a prononcé la sentence, soit au Canada une peine incompressible de 25 ans de prison, quelques heures après que le jury a reconnu Magnotta, 32 ans, coupable du meurtre avec préméditation de Lin Jun, alors âgé de 33 ans.
Magnotta avait reconnu avoir tué et dépecé son partenaire sexuel d’un soir, mais avait plaidé non coupable en avançant des troubles mentaux. Le jury ne l’a pas suivi et l’a déclaré coupable des cinq chefs d’accusation retenus contre lui.
Le père de la victime ému
Après la lecture du verdict de culpabilité, le juge Cournoyer a cité l’ancien Premier ministre britannique Winston Churchill pour remercier les douze jurés qui délibéraient depuis huit jours: «Nous avons tous pu constater votre patience, votre sérieux et votre travail exemplaires au cours de ce procès très exigeant».
«Je suis venu au procès pour que justice soit faite et je repars satisfait que vous n’ayez pas laissé tomber mon fils», a déclaré ému le père de la victime, Lin Diran, venu de Chine pour assister au procès depuis fin septembre. «Je voulais savoir ce qui était arrivé à mon fils cette nuit-là mais je repars sans réponse véritable, ni complète».
L’avocat du ministère public, Louis Bouthillier, s’est dit «content» d’entendre «prononcé le mot ‘coupable’ à la fin» du procès. À l’annonce du verdict, Magnotta vêtu d’un manteau n’a manifesté aucune émotion et s’est contenté de baisser les yeux.
Puis avant de le condamner, le juge Cournoyer lui a proposé de s’adresser au tribunal mais, la mine déconfite, il a décliné. «Il accepte le verdict», a déclaré son avocat, Me Luc Leclerc, qui l’a qualifié de «vraie personne. J’ai vu sa folie de près», a ajouté l’avocat.
Verdict lourd
Le verdict unanime prononcé par le jury, huit femmes et quatre hommes, est le plus lourd qui pouvait être retenu contre Magnotta parmi les quatre possibles énoncés par le juge Cournoyer.
L’avocat de Magnotta espérait que son client puisse s’en tirer avec un verdict de non responsabilité pénale. Il a trente jours pour faire appel.
«Personne ne pouvait témoigner de l’état de l’accusé au moment des faits, il n’y avait que lui qui pouvait le faire», a noté Louis Bouthillier. «Comme il n’a pas témoigné, le jury avait peu de matière à réflexion pour ce qui est de son état».
Or, selon Louis Bouthillier, ces troubles n’empêchaient pas Magnotta de distinguer le bien du mal lorsqu’il a tué Lin Jun le 25 mai 2012. Il avait fourni une preuve accablante pour montrer que Magnotta avait «planifié» ce meurtre au moins six mois à l’avance et qu’il avait agi «avec préméditation avant, pendant et après le crime».
(afp/Newsnet)



