ENLÈVEMENT: Nouvel assassinat d’un prêtre au Mexique

 

 

Le cadavre d’un prêtre, enlevé lundi, a été découvert ce jeudi 25 décembre dans l’Etat du Guerrero, avec une balle dans la tête, deux mois après la découverte du corps d’un autre prêtre dans un fosse clandestine du même Etat, ont annoncé les autorités policières.

Manifestation de 300 personnes

Le corps du père Gregorio Lopez Gorostieta a été retrouvé près du village de Tlapehuala, situé dans la zone de Tierre Caliente, en proie à la violence des narcotrafiquants, a indiqué un responsable de la police régionale.

L’enlèvement du prêtre avait provoqué mardi une manifestation d’environ 300 personnes, dont des dizaines de prêtres, dans les rues de Pungarabato, à 20 kilomètres du village, jusqu’à la cathédrale de la ville, pour supplier ses ravisseurs de le laisser en vie.

Lopez Gorostieta avait été enlevé par un commando alors qu’il suivait les cours d’un séminaire à Pungarabato.

L’Etat où 43 étudiants avaient disparu

L’Etat du Guerrero, où est située la ville touristique d’Acapulco, est aussi l’un des Etats les plus pauvres du Mexique et qui enregistre le plus fort taux d’homicides du Mexique.

C’est dans cet Etat que 43 étudiants avaient disparu le 26 septembre après avoir été attaqués par des policiers corrompus, puis livrés au groupe criminel des Guerreros Unidos, avant d’être probablement tous tués, un crime qui a provoqué l’indignation au Mexique et dans le monde.

Fin octobre, le corps du père John Ssenyondo, un prêtre ougandais enlevé en avril alors qu’il célébrait une messe, avait été retrouvé parmi 13 corps dans une fosse clandestine dans le village d’Ocotitlan, dans la zone montagneuse du Guerrero.

La conférence épiscopale du Mexique a publié vendredi un communiqué dans lequel elle exige des autorités mexicaines que «les coupables de ce crime soient punis conformément à la loi».

«Nous ne voulons plus de disparus»

«Nous nous faisons l’écho de ce que ressentent de nombreux Mexicains et nous répétons : cela suffit maintenant! Nous ne voulons plus de sang. Nous ne voulons plus de disparus», écrit l’épiscopat mexicain.

Selon le rapport 2014 du Centre catholique multimédia (CCM), organisme reconnu par l’Eglise du Mexique, huit prêtres ont été tués en deux ans, depuis l’arrivée du président Enrique Peña Nieto au pouvoir en décembre 2012, et deux autres sont toujours portés disparus.

Le Mexique, pays dont plus de 80% des habitants se déclarent catholiques, est un pays dangereux pour les gens d’Eglise. Depuis 1990, selon CCM, un cardinal, 34 prêtres, un diacre, trois religieux, cinq laïcs et une journaliste catholiques ont perdu la vie d’une manière violente.

(afp/Newsnet)