SAHARA: Paris redoute l’alliance des djihadistes

 

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a dénoncé la transformation de la Libye en «hub terroriste». C’est l’expression qu’il a utilisée dans son interview parue, dimanche, dans Le Journal du Dimanche. Toutefois, le ministre exclut l’envoi de troupes par la France en Libye. «Ce pays est indépendant. Frapper sans solution de sortie politique est stérile.»

La situation est tellement chaotique en Libye, et le gouvernement central de Tripoli tellement faible, que ce pays est devenu le terrain d’opération idéal pour tous les groupes islamo-terroristes du Sahel, Sahara et Proche-Orient. La Libye ne s’est en effet pas encore remise de la calamiteuse intervention de la France en 2011, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Ce qui explique que Paris, cette fois-ci, n’entend pas régler tout seul le problème Libyen.

Le danger est représenté par la convergence des milices labellisées «Al-Qaida» et celles se réclamant du groupe Etat islamique (Daech). Comme le souligne Jean-Yves Le Drian: «Ce que nous redoutons, c’est une fusion des mouvances qui, jusqu’à présent, se combattaient, à savoir celles issues d’Al-Qaida auxquelles nous sommes confrontés au Sahel, et celles qui se sont regroupées depuis juin sous l’étendard de Daech. On voit apparaître aujourd’hui des points de connexion entre ce dernier et des groupes qui se réclamaient jusqu’à présent d’Al-Qaida au Maghreb islamique dans la zone sahélo-saharienne, notamment à Derna, en Libye, où Daech essaie de prendre la main. Le creuset de cette connexion est en Libye.»

 La ville de Derna est devenue le cauchemar de tous ceux qui luttent contre le djihadisme. Cette cité portuaire libyenne de 100 000 habitants, située à l’Est de Tripoli, près de la frontière avec l’Egypte, a été définitivement prise aux troupes gouvernementales en 2014 par le groupe djihadiste d’orientation salafiste Majilis Choura Chabab al-Islam (Assemblée de la jeunesse islamique). Or, ce groupe a fait allégeance à l’Etat islamique le 3 octobre dernier.

Depuis, la bannière noire de l’EI flotte sur cette ville. C’est la seule portion de territoire détenu par l’Etat islamique à se trouver en dehors de la zone Irak-Syrie. Dans ce combat à long terme, la France apparaît bien seule. D’où cet appel du ministre Jean-Yves Le Drian qui s’adresse aux dirigeants africains, européens et à la communauté internationale afin qu’ils prennent conscience du péril et agissent en conséquence.

(24 heures)