De nouvelles règles destinées à imposer des visas aux Syriens pour la première fois dans l’histoire des deux pays ont été publiées dans un document sur le site internet de la Sûreté générale libanaise. Elles entrent en vigueur le 5 janvier. «L’objectif est d’empêcher (les Syriens) de se réfugier» au Liban et de réguler l’entrée des Syriens de manière plus sérieuse, a indiqué le ministre des affaires sociales Rachid Derbas.
Ces règles prévoient six catégories de visas et deux catégories de séjour, octroyés à la frontière et non pas à l’ambassade du Liban à Damas. Des séjours temporaires sont accordés aux hommes d’affaires et propriétaires d’un bien immobilier. Le visa touristique requiert par exemple une réservation d’hôtel, une pièce d’identité valable ainsi que la possession de 1000 dollars.
Le HCR regrette
Un porte-parole du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), Ron Edmond, a regretté le fait que les nouvelles règles n’incluent pas «explicitement une clause liée aux raisons humanitaires exceptionnelles tel que prévu dans la politique gouvernementale d’octobre dernier».
«Nous comprenons les raisons citées par le gouvernement pour introduire ces règlements, mais il est de la responsabilité internationale du HCR de s’assurer que les réfugiés ne sont pas forcés à revenir à des situations où leur vie serait en danger», a-t-il précisé.
Afflux à juguler
Libanais et Syriens ont toujours voyagé librement à travers la frontière depuis l’indépendance de leur pays dans les années 40. Les ressortissants des deux pays devaient produire uniquement une pièce d’identité sans autre document.
Ces nouvelles règles interviennent après une série de mesures prises par les autorités libanaises pour tenter de juguler l’afflux des Syriens fuyant la guerre dans leur pays. En octobre, Rachid Derbas avait indiqué que le Liban ne recevait plus de réfugiés syriens, sauf exceptionnellement pour «des raisons humanitaires».
Parmi les pays voisins de la Syrie, le Liban est la nation qui reçoit le plus grand nombre de réfugiés proportionnellement à sa population de quatre millions d’habitants.
(ats/Newsnet)



