Liverpool va tourner la page Steven Gerrard

 

Il y a des matins comme ça où tout vous paraît morose. Après la journée d’hier, ce ne sont pas les supporters de Liverpool qui prétendront le contraire. Ainsi, lorsqu’au réveil leur est tombée sur la tête l’annonce de la fin de l’aventure liant Steven Gerrard à leur club fétiche, plus qu’un monde, c’est un pan de l’histoire qui s’est écroulé sous leurs pieds. Car oui, c’est officiel, le mythique capitaine des «Reds», bientôt 35 ans, quittera bien Anfield Road au terme de la présente saison. Direction? La Major League Soccer, à en croire les médias d’outre-Manche…

Du coup, dire qu’une page de légende du club anglais s’apprête à être tournée est un doux euphémisme, tant le milieu de terrain, élément courageux et au cœur «gros comme ça», aura été exemplaire au cours de tous les combats menés par les «Scousers» durant plus de 15 ans.

L’âme de Liverpool

Preuve de son attachement, au moment d’évoquer son départ il a lui-même parlé de «la décision la plus difficile de ma vie, cela ayant été un privilège de représenter les fans en tant que joueur. J’ai chéri chaque seconde de mon aventure et je souhaite finir cette saison sur un titre». Ce ne sera pourtant pas la quête de la Premier League, seule ligne qui manquera à tout jamais à son fabuleux palmarès. Ne pas avoir au moins une fois régné sur le championnat d’Angleterre restera certainement un immense regret pour «Stevie G.», mais l’histoire retiendra davantage tout ce qu’il a apporté à Liverpool que ce à côté de quoi il est passé, comme ce… ballon qu’il avait laissé filer en avril dernier sur une glissade contre Chelsea dans un match décisif pour le titre en championnat.

Plus qu’un joueur emblématique, le natif de Whiston, dans la banlieue de Liverpool, Gerrard demeurera pour l’éternité comme l’âme de ce club qu’il a rejoint à l’âge de 9 ans seulement. «En tant qu’homme et en tant que leader, il est incomparable», a souligné son entraîneur actuel Brendan Rodgers.

Un passeur d’exception

Dans un football ultramondialisé et ayant perdu le sens des réalités devant les liasses de billets, Steven Gerrard passe encore et toujours pour le dernier des Mohicans, l’un des ultimes clubistes, plus attaché à l’écusson qu’à son porte-monnaie, plus concerné par l’utilisation du ballon que par les pots de gomina posés dans sa trousse de toilette. Bref, un joueur «box-to-box» de classe, nanti d’une incroyable qualité de passes, remarquable dans son attitude, admirable même, comme ce soir de mai 2005 où, sous son impulsion, Liverpool renversa une finale de Ligue des champions exceptionnelle contre l’AC Milan (de 0-3 à la victoire aux tirs au but!).

Près de dix ans plus tard, comme pour boucler la boucle, l’homme ira donc voir ailleurs. Mais sa prochaine destination ne sera ni Chelsea ni le Real Madrid, deux équipes qui ont tout fait pour s’attacher ses services durant ses années de gloire. «Dans ma tête, c’est clair, je ne jouerai jamais contre Liverpool, a-t-il confié hier alors qu’on le dit proche des Los Angeles Galaxy. C’est simplement quelque chose d’inimaginable.» A peine l’annonce de son départ effectuée, le milieu de terrain n’a en revanche pas caché son envie de revenir plus tard chez les «Reds». «Je quitte le club en bons termes et j’ai l’espoir de lui être utile à l’avenir en occupant tout poste susceptible de l’aider à gagner encore.»

Fidèle, encore et toujours, Steven Gerrard ne laissera donc jamais Liverpool marcher seul. Dans le sol d’Anfield Road, sa trace est gravée. A jamais.

(24 heures)