Le gel prévu par Israël de 100 millions d’euros (120 millions de francs) de taxes collectées pour l’Autorité palestinienne provoque l’opposition des États-Unis.
Le gel de ces taxes, qui représentent près de la moitié du budget palestinien, «est une décision qui exacerbe les tensions», a déclaré Jennifer Psaki, porte-parole du département d’État lors de son point de presse quotidien. «Nous voulons éviter une escalade», a-t-elle ajouté.
Israël a gelé samedi le versement de 106 millions d’euros de taxes collectées pour les Palestiniens et qui leur sont reversées chaque mois, en réponse à l’offensive diplomatique des Palestiniens à l’ONU. Ils ont formulé une demande d’adhésion à la Cour pénale internationale (CPI), dans le but avoué d’y citer des responsables israéliens, notamment pour crimes commis à partir du 13 juin 2014.
C’est à cette date qu’Israël avait lancé une série d’actions contre les Palestiniens, au lendemain du kidnapping en Cisjordanie occupée de trois jeunes Israéliens, ensuite assassinés. Si elle est jugée valide, la «déclaration d’acceptation de compétence» soumise à la CPI rendrait donc possible une compétence rétroactive, en plus de la compétence pour les éventuels crimes futurs.
Aide américaine
Jennifer Psaki a réitéré la mise en garde des États-Unis contre tout effort palestinien de tenter de traduire des responsables israéliens devant la CPI. De telles initiatives pourraient avoir des «conséquences» sur l’aide américaine versée aux Palestiniens, a prévenu la porte-parole de la diplomatie américaine.
Selon elle, le secrétaire d’État John Kerry s’est entretenu avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ce week-end, tandis que des diplomates américains sont en contact avec les dirigeants palestiniens. John Kerry a été l’artisan de la reprise du processus de paix israélo-palestinien entre juillet 2013 et avril dernier. Depuis son échec, il n’a jamais abandonné l’idée d’une relance.
Contre les intérêts israéliens
«Geler les taxes ne peut être utile ni pour Israël ni pour les Palestiniens», a déclaré pour sa part Reuven Rivlin lors d’une rencontre avec des ambassadeurs en poste en Israël. «Les sanctions contre l’Autorité palestinienne doivent être en accord avec les intérêts israéliens et ce gel des taxes ne l’est pas», a-t-il ajouté.
Par ailleurs, le président israélien a accusé le président palestinien Mahmoud Abbas de continuer «de refuser des négociations directes» et de tenter «d’imposer un accord forcé… justifiant des sanctions».
(ats/Newsnet)



