Des personnalités allemandes disent «non à la xénophobie»

 

Quatre-vingts personnalités du monde politique, du monde des spectacles et de la société civile allemande signent mardi 6 janvier dans le journal à grand tirage Bild un appel à barrer la route à la montée de la xénophobie. Il intervient au lendemain de manifestations contre l’immigration en provenance de pays musulmans.

Parmi les signataires de l’appel contre le mouvement anti-immigration Pegida figurent les anciens chanceliers Helmut Schmidt et Gerhard Schröder, ou encore le chanteur Udo Lindenberg. Des représentants du monde des sports ou de l’Eglise s’y joignent aussi.

«Un appel à la xénophobie»

Bild publie cet appel, titré «Non à Pegida», en première page et consacre ses pages 2 et 3 à des citations des personnalités qui le signent. «Ils disent ‘non’ à la xénophobie et ‘oui’ à la diversité et à la tolérance», déclare dans un commentaire le rédacteur en chef adjoint de «Bild», Bela Anda. L’appel se retrouve également en Une du site internet du quotidien.

«Pegida recourt à des préjugés dénués de sens, appelle à la xénophobie et à l’intolérance», écrit pour sa part Helmut Schmidt, 96 ans. «L’histoire et la logique économique nous enseignent que l’Allemagne ne doit pas rejeter les réfugiés et demandeurs d’asile», ajoute celui qui a dirigé l’Allemagne de 1974 à 1982.

Des manifestants ont défilé dans plusieurs villes d’Allemagne lundi soir à l’appel de Pegida, défiant l’appel de la chancelière Angela Merkel à rejeter ces rassemblements, qu’elle a qualifiés de racistes.

Mobilisation record à Dresde

A Dresde, dix-huit mille personnes, soit le plus grand nombre de participants à ce jour, se sont rassemblées dans les rues, à l’appel du mouvement «Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident» (Pegida). De tels rassemblements sont devenus quasiment hebdomadaires ces derniers mois dans cette ville de l’est de l’Allemagne.

Dans d’autres villes toutefois, notamment à Berlin, Cologne et Munich, le nombre de contre-manifestants a été bien plus important que celui des partisans de Pegida. Ils accusent Pegida d’attiser racisme et intolérance.

Lumières éteintes

A Cologne, ville qui compte une population musulmane importante, on comptait lundi soir dix fois plus de contre-manifestants que de participants au rassemblement de Pegida. A Berlin, les contre-manifestants étaient 5000, contre 400 participants au rassemblement organisé par Pegida, selon la police.

La cathédrale de Cologne avait éteint ses lumières pour protester contre les rassemblements antimusulmans. De même, à Berlin, la porte de Brandebourg a été éteinte, là aussi en signe de protestation.

(ats/Newsnet)