M. Greste, condamné pour «diffusion de fausses informations», avait été arrêté en décembre 2013, avec un confrère de la chaîne qatarie, dans une chambre d’hôtel du Caire où ils avaient installé, «sans autorisation» selon l’accusation, un bureau d’Al-Jazeera. Peu après, la police avait interpellé un autre journaliste de la chaîne. Les trois hommes ont été condamnés en juin dernier à des peines allant de 7 à 10 ans d’emprisonnement.
M. Greste a embarqué en fin d’après-midi au Caire à bord d’un vol régulier d’Egypt Air à destination de Larnaca à Chypre, ont indiqué des responsables de la sécurité de l’aéroport sous couvert de l’anonymat. Il devait ensuite s’envoler pour l’Australie.
Reuters, BBC et Al-Jazeera
Peter Greste, qui est né à Sydney et a fêté ses 49 ans en prison, est un journaliste expérimenté, qui a couvert des conflits en Afghanistan et au Moyen-Orient. Il a travaillé pour divers médias, dont Reuters et la BBC, avant de rejoindre la rédaction anglophone de la chaîne d’information qatarie Al-Jazeera.
Il était le correspondant de la BBC à Kaboul en 1995, et il a couvert l’émergence des talibans en Afghanistan, où il est retourné après l’intervention menée par les Etats-Unis en 2001.
Depuis 2009, il était basé à Nairobi, d’où il couvrait les pays de la Corne d’Afrique, ce qui lui a valu le prestigieux prix Peabody Award en 2011 pour un documentaire baptisé: «Somalie, terre d’anarchie». Il a également travaillé en Bosnie et a dirigé les équipes de BBC en Amérique du Sud depuis Mexico.
Il avait été arrêté alors que l’Egypte et le Qatar étaient à couteaux tirés après l’éviction de l’ex-président égyptien islamiste Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans. Ce dernier a été démis en juillet 2013 par Abdel Fattah al-Sissi, alors chef de l’armée, et devenu président à son tour depuis.
Deux autres journalistes détenus
On ignore ce qu’il est advenu de deux autres journalistes de la chaîne qatarie, le Canado-Egyptien Mohamed Fahmy et l’Egyptien Baher Mohamed, qui avaient été condamnés en même temps que Peter Greste en juin dernier à des peines de sept à dix ans de prison ferme. Al-Jazeera a aussitôt réclamé dimanche leur libération, tout en se félicitant de celle de M. Greste.
La fiancée de Mohamed Fahmy a cependant formulé l’espoir qu’il soit prochainement libéré. «Le processus d’expulsion touche à sa fin. Nous sommes optimistes», a déclaré Marwa Omara à Reuters.
Le procès des trois journalistes, arrêtés en décembre 2013, avait été très critiqué à l’étranger en raison du manque de preuves et de la façon désordonnée dont il avait été conduit. Début janvier, la Cour de cassation a annulé leurs condamnations et ordonné la tenue d’un nouveau procès, à la suite de quoi Peter Greste et Mohamed Fahmy ont demandé à être expulsés, ont fait savoir leurs proches.
Les autorités égyptiennes mises en place par l’armée après la destitution du président Morsi accusent Al-Jazeera de soutenir la confrérie des Frères musulmans, considérée par Le Caire comme une organisation terroriste.



