Il y a bel et bien un «effet 11 janvier» pour le Parti socialiste (PS). Et il est positif. Tout comme pour le Front national (FN), qui surfe aussi sur la vague post-attentats de Paris… L’élection partielle dans la 4e circonscription du Doubs, où l’ancien ministre socialiste Pierre Moscovici, nommé commissaire européen, remettait en jeu son siège, avait valeur de test pour toute la classe politique française. Les états-majors des partis au niveau national ont surinvesti dans ce premier scrutin post-Charlie, important aussi en vue des prochaines élections cantonales de mars. Résultat des courses: le FN arrive en tête, le PS résiste bien en seconde place et l’UMP est éliminé dès le 1er tour. Les socialistes ont ainsi de fortes chances de conserver ce siège lors d’un 2e tour aux accents républicains d’un consensus anti-FN.
Force et faiblesse du FN
Honneur au vainqueur. Avec plus de 40% des voix, la candidate frontiste Sophie Montel double quasi son score de 2012 (23,8%). Dans ce coin de France adossé à la Suisse, les sondages la donnaient vainqueur. Mais il restait à saisir l’effet du mauvais positionnement du FN lors des attentats et du sursaut républicain qui s’en est suivi.
De toute évidence, la campagne du parti de Marine Le Penfondée sur la peur de l’islam a porté ses fruits. Mais Sophie Montel aura du mal à résister dimanche prochain au front républicain. Hier dans la soirée, les premiers élus UMP appelaient déjà à soutenir le candidat PS.
Le PS sauve l’essentiel
Le socialiste Frédéric Barbier devait mordre la poussière. La cause était entendue. Mais c’était avant la semaine terroriste vécue en France. Le regain de popularité constaté dans le tandem gouvernemental Hollande-Valls après leur gestion unanimement saluée des attentats de Paris devait remobiliser le vote socialiste. Cela a été le cas. Mais avec à peine 30% des voix, Frédéric Barbier fait beaucoup moins bien que Pierre Moscovici en 2012 (40,81%). Il sauve néanmoins l’essentiel: la qualification au 2e tour.
Le résultat est aussi à nuancer avec la dispersion des voix de gauche: Verts, Front de gauche, Force ouvrière ou encore Parti communiste étaient en lice lors de ce 1er tour. Un résultat immédiatement salué par Manuel Valls: «Il est désormais le candidat de tous les républicains», écrit-il sur Twitter.
Ratage à l’UMP de Sarkozy
Cette partielle dans le Doubs devait être un duel FN-UMP. Il était attendu que le candidat UMP Charles Demouge accueille le président du parti Nicolas Sarkozy durant cette semaine d’entre deux tours pour un grand meeting fédérateur et emblématique de la reconquête à venir. Il n’en sera rien. Le candidat UMP est resté dans les starting-blocks. Il progresse faiblement par rapport à 2012. Alors que le FN fait, lui, tout de même un bond en avant de près de 13 points.
Le débriefing risque d’être tendu à la direction de l’UMP. De toute évidence, c’est bien le FN qui a été perçu comme le principal parti d’opposition au gouvernement. Dans le Doubs, il n’y a pas eu d’effet Sarkozy.
(TDG)



