Le directeur du service d’État pour les situations d’urgence, Serguiï Botchkovski, et son adjoint, Vassyl Stoïetski, ont été menottés et arrêtés sous l’œil de nombreux journalistes durant la réunion. Ils sont accusés d’avoir effectué des achats publics «à des prix beaucoup plus élevés» que le prix du marché, y compris auprès du géant pétrolier russe Loukoïl, selon la police.
ukrainiens «n’a jamais été aussi faible»
Le ministre ukrainien de l’Economie Aivaras Abromavicius a assuré mercredi que l’influence des oligarques dans son pays n’avait «jamais été aussi faible», après le limogeage spectaculaire d’un gouverneur milliardaire. «On peut dire de manière certaine que l’influence des oligarques sur la vie politique ukrainienne n’a jamais été aussi faible qu’aujourd’hui», a-t-il dit au cours d’un point de presse à Paris, où il rencontre mercredi et jeudi des responsables politiques et des investisseurs. La mise à l’écart annoncée dans la nuit de mardi à mercredi du gouverneur de la très stratégique région de Dnipropetrovsk, Igor Kolomoïski, «illustre une nouvelle fois que le président et le Premier ministre prennent au sérieux le combat contre les grandes entreprises», a encore déclaré M. Abromavicius. Le ministre a vanté devant quelques journalistes à l’ambassade d’Ukraine les efforts de lutte contre la corruption dans son pays, au moment où, à Kiev, deux hauts responsables politiques étaient interpellés de manière spectaculaire pour avoir manipulé des prix d’achat de pétrole. M. Abromavicius a en outre énuméré les projets de réformes du gouvernement, allant de la fiscalité à la mise en oeuvre d’un programme de privatisations, en passant par des initiatives de dérégulation.
Ces achats publics de carburant ont également été effectués auprès du groupe d’hydrocarbures russe Alliance et «d’autres entreprises». Le gouvernement pro-occidental ukrainien, arrivé au pouvoir après la chute du régime de l’ex-président pro-russe Viktor Ianoukovitch, a annoncé vouloir faire de la lutte contre la corruption, qui gangrène l’Ukraine depuis des années, une de ses priorités.
Présent lors de la réunion, le ministre de l’Intérieur, Arsen Avakov, a dès lors justifié ces arrestations publiques, fait inédit en Ukraine. «Je n’enfreins pas le secret de l’enquête mais je mène une enquête publique», a-t-il dit. «Ce n’est pas un spectacle (…) Je pense que c’est un vaccin et il faut que cela soit public», a-t-il ajouté.
Le Premier ministre, Arseni Iatseniouk, a lui aussi justifié cette démonstration de force. «Lorsque le pays est en guerre, tous les kopecks comptent. Or, ils volent les gens et le pays. Cela arrivera à tous ceux qui enfreignent la loi et se moquent de l’État ukrainien», a-t-il déclaré. Ces arrestations publiques ont immédiatement provoqué de nombreuses réactions y compris en Russie. «À Kiev, on arrête pour corruption dans les achats publics en pleine réunion du gouvernement.
Le Fonds de lutte contre la corruption est prêt à remettre tous les documents pour l’arrestation de 90% des ministres russes», a commenté l’opposant russe Alexeï Navalny, sur son comte Twitter.
(afp)




