France: Le gouvernement a réussi à faire plier Renault

 

Epilogue d’un bras de fer de plusieurs semaines, le gouvernement socialiste français a forcé jeudi le constructeur automobile Renault à adopter un dispositif anti-spéculation lors d’une assemblée générale de ses actionnaires, contre la volonté de sa direction.

Les pouvoirs publics et le groupe au Losange bataillaient depuis début avril sur l’application à l’entreprise d’une loi prévoyant que tout actionnaire, y compris l’Etat, se voit automatiquement attribuer un droit de vote double à l’issue d’une période de deux ans de détention continue des titres.

Seule l’assemblée générale des actionnaires, tenue ce jeudi, pouvait empêcher l’application de ces dispositions en votant une résolution.

Renault lui a donc soumis une résolution affirmant le principe «une action, une voix» mais elle n’a pas atteint la majorité qualifiée des deux tiers requise pour son adoption. Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, qui rejetait le dispositif des votes doubles, n’a pas fait de commentaire, se contentant de prendre acte du résultat.

«Volonté de défendre le capitalisme de long terme»

Le gouvernement, décidé à lutter contre la spéculation et favoriser une stabilité de l’actionnariat, avait assuré ses arrières en faisant monter récemment sa part dans le capital de 15 à 19,74%, via un rachat d’actions.

«C’est une bonne nouvelle, cohérente avec notre volonté de défendre un capitalisme de long terme qui favorise les actionnaires qui sont durablement installés et qui accompagnent les entreprises dans les transitions», a réagi le ministre de l’Economie Emmanuel Macron.

(afp)