Cette mesure fait suite aux révélations sur un scandale d’espionnage de responsables européens pour le compte de Washington, affirme jeudi la presse allemande.
Depuis le début de la semaine, plus aucune communication internet à destination de la NSA n’est interceptée dans le centre d’écoutes du BND de Bad Aibling, affirment le quotidien Süddeutsche Zeitung et les chaînes publiques régionales NDR et WDR. L’agence de presse allemande DPA dit en avoir eu confirmation auprès de sources sécuritaires.
Les services de renseignement allemands, en concertation avec la chancellerie, ont informé les Américains qu’une justification formelle de demande d’espionnage devait désormais être adressée pour toute demande d’interception de communications sur internet, toujours selon Süddeutsche Zeitung, NDR et WDR. Mais la NSA a répondu aux Allemands ne pas être en mesure de livrer de telles justifications en raison des délais serrés, selon ces médias.
Le BND et le gouvernement allemand ont refusé de commenter ces informations.
Gouvernement Merkel éclaboussé
Cette affaire d’espionnage présumé de responsables européens par le renseignement allemand éclabousse actuellement le gouvernement de la chancelière Angela Merkel, avec des attaques visant notamment le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière. Il fait face à des appels à la démission, mais il a nié avoir menti au Parlement sur ce dossier.
L’opposition affirme que ce poids lourd du gouvernement a fermé les yeux sur l’espionnage présumé d’entreprises et responsables européens par la NSA, soupçonnée d’avoir abusé de sa coopération avec les services allemands à partir de 2005.
La chancelière, qui a admis «des manques» au sein du BND, a assuré qu’elle était prête à s’exprimer devant la commission d’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur des pratiques d’espionnage.
Lutte contre le terrorisme
Le Parti social-démocrate (SPD) allemand, partenaire de coalition de la CDU d’Angela Merkel, a critiqué la gestion de ce dossier par cette dernière. Il réclame la liste des critères de surveillance (adresses IP, termes de recherche, noms) du BND.
La chancelière a jusqu’à présent rejeté leur demande, arguant du fait que la publication de ces données nécessitait l’accord des Etats-Unis. Elle a défendu la coopération entre Berlin et Washington au nom de la lutte contre le terrorisme international.
(ats)




