Macédoine – Kosovo: Incidents à la frontière, cinq policiers tués

 

Explosions et intenses fusillades ont retenti toute la journée de samedi dans une ville du nord de la Macédoine, Koumanovo, où les forces spéciales de la police appuyées par des véhicules blindés sont intervenues contre «un groupe armé» non identifié. Cinq policiers ont été tués. «Cinq policiers ont été tués dans des échanges de tirs avec des terroristes» et une trentaine ont été blessés, à Kumanovo (nord), a déclaré à la presse la ministre macédonienne de l’Intérieur Gordana Jankuloska. «Il y a des victimes parmi les terroristes mais pour l’instant on ne connaît pas leur nombre exact».

Les combats se sont déroulés dans les faubourgs de Koumanovo, secteur largement albanophone à une quarantaine de kilomètres au nord de la capitale, Skopje. Un photographe de Reuters a vu des hélicoptères survoler la région, théâtre d’affrontements entre forces gouvernementales macédoniennes et insurgés séparatistes albanophones en 2001.

Un porte-parole du ministère de l’Intérieur a déclaré que l’opération de police avait été lancée sur la base d’«informations concernant un groupe armé». Il a ajouté que ce groupe préparait des «actes terroristes» et s’était infiltré en Macédoine à partir d’un pays voisin, qu’il n’a pas nommé.

Les habitants fuient

Le secteur a été bouclé et les médias ne sont pas autorisés à s’y rendre. Dans la soirée, des responsables ont affirmé que l’opération était terminée et qu’une vingtaine d’hommes armés avaient été capturés, mais des tirs sporadiques retentissaient toujours.

Des habitants chargés de sacs ont fui la région, parfois escortés par des policiers. «Je ne pensais pas que cela allait recommencer», a dit un albanophone interrogé par la télévision macédonienne, faisant allusion aux violences de 2001. «C’est terrifiant, je ne peux pas rester ici.»

Fin avril, des hommes vêtus d’uniformes de l’ex-armée de libération du Kosovo (UÇK) avaient retenu des policiers en otage pendant plusieurs heures dans le nord du pays. Les Albanais de souche représentent un tiers des deux millions de Macédoniens et leurs relations avec la communauté slave, majoritaire, restent tendues depuis le conflit ethnique de 2001.

Mais la Macédoine traverse également une crise politique, l’opposition sociale-démocrate accusant le gouvernement d’abus de pouvoir. Le dirigeant de l’opposition Zoran Zaev a accusé le gouvernement de vouloir créer une «diversion» en lançant une opération de police à Koumanovo.

(ats)