Macédoine: Les combats ont fait plus d’une vingtaine de morts

 

«Huit policiers ont été tués et 37 blessés», a déclaré à la presse un porte-parole de la police, précisant que l’opération était sur le point de s’achever. Ivo Kotevski, a en outre fait état de 37 blessés, précisant que l’opération était sur le point de s’achever. Il a affirmé que les assaillants faisaient partie d’un «groupe terroriste» composé d’une trentaine de personnes: des citoyens de Macédoine, du Kosovo et d’Albanie, présumés d’origine albanaise.

Des hélicoptères de la police survolaient dimanche Kumanovo et des tirs sporadiques d’armes automatiques résonnaient dans la ville, située à une quarantaine de kilomètres au nord de la capitale Skopje.

Des troupes d’élite, des transports de troupes blindés, des policiers portant des gilets par balles ont bouclé le quartier à majorité albanaise musulmane où se retranchaient les membres du groupe. Des dizaines d’habitants ont fui et les rues de la ville étaient presque désertes.

Minorité albanaise

En Macédoine, pays de 2,1 millions d’habitants – en majorité slaves orthodoxes – où la minorité albanaise musulmane représente un quart de la population, ces affrontements réveillent la crainte d’un conflit comme celui qui a opposé en 2001 les autorités aux rebelles albanais.

Alors que la Serbie renforçait ses troupes aux frontières, l’Albanie et le Kosovo ont lancé des appels au calme, Pristina demandant «à toutes les parties de trouver une solution par la voie du dialogue politique».

Les incidents de Kumanovo surviennent après que le 21 avril un groupe d’Albanais de l’ex-Armée de libération du Kosovo (UÇK) a brièvement pris possession d’un commissariat de police à la frontière nord de la Macédoine, réclamant la création d’un État albanais sur le territoire de cette ex-république yougoslave.

Faire diversion

Candidate à l’adhésion à l’UE depuis dix ans, la Macédoine est en proie à une crise politique qui oppose depuis des mois les principales formations slaves. L’opposition de gauche accuse le pouvoir conservateur de corruption et d’avoir mis sur écoute 20’000 personnes, dont des hommes politiques, des journalistes et des chefs religieux.

Des manifestants qui réclamaient la démission du Premier ministre conservateur Nikola Grouevski ont affronté cette semaine la police, et l’opposition veut organiser de grandes manifestations le 17 mai. Le dirigeant de l’opposition a accusé samedi le gouvernement de vouloir créer une «diversion» en lançant une opération de police à Kumanovo.

«Je demande à Nikola Grouevski d’expliquer sans attendre qui cherche à déstabiliser la Macédoine, pourquoi et dans quel but», a dit Zoran Zaev. Des habitants albanophones de Kumanovo ont aussi contesté la version du gouvernement.

Conseil de sécurité nationale

Le président Gjorge Ivanov, qui a écourté sa visite à Moscou pour le 70e anniversaire de la capitulation nazie, a convoqué une réunion du conseil de sécurité nationale, à laquelle l’opposition et les principaux partis albanophones ont été invités.

De son côté, l’Union européenne s’est déclarée «profondément préoccupée» par les affrontements. «Toute escalade ultérieure de la violence doit être évitée, dans l’intérêt de la stabilité générale dans le pays», a déclaré le commissaire à l’Elargissement Johannes Hahn, par communiqué.

(afp)