Afrique du Sud – Marikana: Le rapport sur la tuerie publié «en temps utile»

Alors qu’il est pressé de rendre publique une version non expurgée de ce document qu’une commission ad hoc lui a remis le 31 mars après plus de deux ans de travaux, «le président est toujours en train d’étudier le rapport», ont précisé les services de Jacob Zuma.

«La Commission a fait des recommandations sérieuses qui exigent un examen attentif. Par conséquent, il est important que je puisse prendre mon temps afin que notre réponse garantisse que les événements qui ont eu lieu à Marikana ne puissent pas se produire à nouveau dans notre pays», a déclaré M. Zuma. «Tout est fait pour que l’affaire soit réglée dès que possible», a-t-il ajouté, selon la présidence.

La police plaide la légitime défense

Le 12 août 2012, les forces de l’ordre avaient abattu 34 mineurs grévistes et fait quelque 70 blessés à Marikana –une mine exploitée par le groupe britannique Lonmin– lors de la pire fusillade policière depuis les heures noires du régime raciste de l’apartheid.

Aucun responsable de la police sud-africaine n’a été jugé ou sanctionné, mais la commission d’enquête avait le pouvoir de recommander des mises en examen. Elle a notamment réclamé, selon des indiscrétions des médias sud-africains, la tête de la cheffe de la police Riah Phiyega.

La police a plaidé la légitime défense, arguant que les grévistes étaient armés d’armes blanches. Dix personnes étaient mortes dans les jours précédant le massacre, dont deux policiers déchiquetés à la machette.

Improvisation et vengeance

La commission d’enquête a cependant démontré que la police avait fait preuve d’improvisation, agi par vengeance et sous le coup d’interférences politiques, avant «une tentative délibérée d’induire en erreur» le travail d’enquête.

La commission a également établi que la fusillade principale, filmée à l’époque à la télévision, en avait caché une autre, puisque 17 mineurs en fuite avaient ensuite été abattus par les policiers.

Des images diffusées par la TV britannique en 2013 sont venues étayer la thèse selon laquelle la police sud-africaine a poursuivi et abattu de sang-froid des mineurs grévistes lors de la tragédie de Marikana.

(afp)