Macédoine: Le calme est de retour à Kumanovo

 

Ces violents combats ont provoqué la vive inquiétude de l’Otan et de l’UE, et réveillé la crainte d’un conflit similaire à celui de 2001, qui avait opposé pendant six mois les forces armées macédoniennes aux rebelles albanais réclamant davantage de droits au sein de la société.

Lundi, des habitants qui avaient fui le quartier à majorité albanaise de Kumanovo où se sont déroulés les combats samedi et dimanche, retournaient à leurs maisons, selon des témoins.

Huit policiers tués

Dimanche dans la soirée, la police a annoncé que son opération était achevée après avoir «neutralisé un groupe terroriste», dans cette ville proche de la frontière avec le Kosovo d’où, selon la presse, le groupe serait venu.

La police a précisé que cinq des leaders des insurgés étaient des ressortissants albanais du Kosovo.

Les autorités poursuivaient l’enquête contre une vingtaine de suspects qui ont été arrêtés et dont certains ont déjà été présentés devant des juges.

Huit des 22 tués sont des policiers et les 14 autres des membres du groupe armé, présumés d’origine albanaise.

«Massacre planifié»

L’état de santé des 37 policiers blessés dans les combats était stable, a-t-on indiqué de source médicale.

Certains journaux macédoniens publiaient à la une les photos et les noms des policiers tués dans ces combats.

«Des terroristes avaient planifié un massacre en Macédoine, mais la police a réussi à prévenir un plan monstrueux», écrit le quotidien progouvernemental Dnevnik, reprenant le discours des responsables macédoniens qui ont accusé ce groupe d’avoir eu pour but de s’attaquer aux institutions de l’Etat.

La Macédoine, pays de 2,1 millions d’habitants, est en majorité slave orthodoxe. La minorité albanaise musulmane représente un quart de la population.

Candidate à l’adhésion à l’UE depuis dix ans, cette ex-république yougoslave est par ailleurs en proie à une grave crise politique – qui oppose depuis des mois les principales formations slaves -, l’opposition de gauche accusant le pouvoir conservateur de corruption et de la mise sur écoute de 20’000 personnes, dont des hommes politiques, des journalistes et des chefs religieux.

(afp)