-D’abord ce type n’aurait jamais été élu maire si son frère n’était pas Président.
-Ensuite ce n’est pas parce qu’une action est légale qu’elle est légitime, car le ticket présidentiel imaginé par Wade était légal, mais n’avait aucune légitimité. L’Apartheid était bien institutionnel et les actions policières qu’il impliquait étaient tout à fait légales : elles n’étaient pas pour autant légitimes. La légalité regarde la conformité au droit (la loi positive qui, du reste peut être foncièrement immorale) tandis que la légitimité est un concept moral : c’est la conformité à la morale ou aux valeurs de la société. Il y a souvent un conflit entre l’État et la nation : il arrive que celle-ci rejette ce que celui-là permet.
-En outre Aliou Sall est déjà controversé : son nom a été cité dans une affaire de licence de pétrole.
-Et c’est le même Aliou Sall qui a joué un rôle actif, de premier ordre d’ailleurs, dans l’installation d’une banque au Sénégal. C’est quoi cette ubiquité ? C’est quoi cette insolente omniprésence ? C’est quoi cet instinct de l’ostentation?
-Enfin, l’élégance républicaine, et la morale démocratique récusent cet essaimage de la république par les membres d’une seule famille.
Les collectivités locales sont des démembrements de l’État : installer ce bonhomme à la tête de ces structures décentralisées c’est créer directement une dynastie avec le grand frère au somment et de l’État central et le petit frère au sommet de l’État décentralisé. C’est inacceptable, même si l’armée de laudateurs médiatiques tente de vendre ce produit illégal. Démos cratos a-t-on dit et non familia-cratos ou dynastie !



