Cette fois, les choses sérieuses commencent pour l’avenir des relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE). C’est que, fort de sa victoire aux législatives du 7 mai, voilà David Cameron prêt à tenir la promesse politique de sa vie: organiser d’ici à 2017 un référendum sur la sortie ou non de son pays de l’UE.
Cependant, comme il se dit favorable au maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union – à condition que cette dernière soit l’objet d’importantes réformes – Cameron lance la plus délicate de ses campagnes politiques. Elle devrait le conduire à la rencontre de ses 27 partenaires européens d’ici au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des 25 et 26 juin à Bruxelles.
Dès aujourd’hui, après avoir entendu la reine Elizabeth lire son discours du trône, dans lequel elle présentera les grandes lignes du programme du gouvernement conservateur, David Cameron s’envolera pour le continent.
De Copenhague à Berlin en passant par La Haye, Varsovie et Paris, il tentera jeudi et vendredi de convaincre les plus amicaux et influents de ses partenaires qu’il leur faut rapidement lancer les réformes souhaitées par Londres. Faute de quoi, le référendum – probablement avancé à 2016 – risque bien de conduire au si redouté «Brexit»: la sortie du Royaume-Uni du club continental. Un tremblement de terre aux conséquences incalculables pour la construction européenne.
Revendications
Dès lundi soir, David Cameron avait en partie découvert son jeu en conviant le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à dîner dans sa résidence de campagne des Chequers. Au patron de l’Exécutif européen – à la nomination duquel il s’était opposé l’an dernier –, le premier ministre de Sa Majesté avait présenté les grandes lignes de ses revendications pour éviter le «Brexit».
A part un rapatriement de certains pouvoirs au Royaume-Uni au nom de la souveraineté du parlement britannique et du principe de subsidiarité, le durcissement des conditions d’accès aux aides sociales pour les ressortissants de l’UE constitue une «exigence absolue» pour Cameron. Une exigence d’autant plus forte que le nombre d’arrivées sur le sol britannique a encore augmenté l’an dernier. Par ailleurs, on devrait connaître aujourd’hui lors du discours du trône les mesures qu’entend prendre le gouvernement Cameron pour lutter contre l’immigration, mesures qui pourraient être en contradiction avec les directives européennes.
Traités intouchables
Quelle que soit la détermination de David Cameron, qui se dit renforcé par le mandat clair reçu de ses compatriotes, rien ne dit que ses partenaires céderont à ses exigences. Bien au contraire. Et surtout pas les deux poids lourds que sont l’Allemagne et la France, qui n’imaginent pas une seconde la moindre modification des traités européens pour aller dans le sens de Cameron.
C’est dans ce contexte que l’on a appris hier qu’Angela Merkel devrait recevoir, lundi prochain à Berlin, François Hollande et Jean-Claude Juncker pour discuter du renforcement de la zone euro, un des sujets du sommet de juin de l’UE. Selon diverses sources citées par l’AFP, Paris et Berlin feront un certain nombre de propositions «à développer dans le cadre des traités actuels dans les prochaines années».
Pour tous les observateurs, cette réunion a tout du message adressé à David Cameron. «L’approfondissement de l’Union économique et monétaire est un exercice en train de se terminer alors que celui entrepris par M. Cameron ne fait que commencer, a souligné une autre source citée par l’AFP. Nous attendons maintenant qu’il (ndlr: David Cameron) vienne nous présenter des mesures concrètes.» Entre Londres et Bruxelles, la partie n’en est qu’à ses débuts.
(TDG.ch)




