Le Bangladesh va mettre en place sept tribunaux spéciaux pour juger les trafiquants soupçonnés d’envoyer en mer, sur des embarcations de fortune, des migrants fuyant la pauvreté en Asie du Sud-Est, a annoncé ce jeudi 28 mai un ministre.
Un tribunal doit être créé dans chaque province pour juger ces passeurs, une décision prise à la suite d’une récente hausse du trafic de Bangladais et de Rohingyas de la Birmanie voisine, a précisé le ministre de la Justice, Anisul Huq.
«Il y aura sept tribunaux pour juger les trafiquants», a dit Huq par téléphone, sans donner de calendrier.
Cette décision intervient après les propos de la première ministre, Sheikh Hasina, qui a qualifié les migrants fuyant son pays de «malades mentaux» et appelé à endiguer les départs de migrants et à sévir contre les filières de passeurs.
Vaste opération
Un haut responsable gouvernemental a par ailleurs annoncé mercredi que le Bangladesh prévoyait de déplacer des milliers de Rohingyas, vivant depuis des années dans des camps près de la frontière avec la Birmanie, sur une île du sud du pays.
La police du Bangladesh a lancé une vaste opération contre les trafiquants après la découverte de fosses communes renfermant des dépouilles de migrants en Thaïlande. Cinq trafiquants présumés ont été tués par balle et une centaine d’autres arrêtés.
Des centaines d’affaires de traite d’être humains s’entassent dans les tribunaux du Bangladesh depuis une loi réprimant ces trafics en 2012, qui prévoit la peine de mort pour les cas les plus graves.
La crise actuelle des migrants en Asie du Sud-Est a éclaté au début de mai, quand les passeurs, rendus nerveux par la nouvelle politique de répression de la Thaïlande, voie de transit de ces migrants, ont abandonné en mer des milliers d’entre eux.
(afp/Newsnet)




