«Les rapports de force commencent à changer», assure Edward Snowden, dans cette tribune intitulée «Nos victoires» et publiée par les quotidiens français «Libération», américain «The New York Times», allemand «Der Spiegel» et espagnol «El País». L’ancien consultant de l’agence de renseignement NSA (National Security Agency) se félicite, deux ans après ses révélations sur l’ampleur des programmes de surveillance des Etats-Unis, de l’émergence d’une «génération post-terreur, qui rejette une vision du monde définie par une tragédie particulière.»
Selon lui, «pour la première fois depuis les attaques du 11 Septembre», une politique «qui tourne le dos à la réaction et à la peur pour embrasser la résilience et la raison» se dessine. Il évoque notamment la loi baptisée «US Freedom Act», adoptée mardi par le Congrès américain et qui réduit pour la première fois depuis 2001 la capacité des Etats-Unis à espionner leurs habitants.
Il reste des menaces
Le lanceur d’alerte se félicite également du développement des mesures de protection technique comme le chiffrage. Ces évolutions technologiques «peuvent permettre un accès à une protection de base du droit à la vie privée (…) défendant ainsi les citoyens ordinaires contre l’adoption arbitraire de lois ne respectant pas la vie privée», explique Snowden.
Le lanceur d’alerte dénonce également l’exploitation des «tragédies récentes» par les «chefs des services secrets» en Australie, au Canada et en France, pour essayer d’obtenir de «nouveaux pouvoirs intrusifs, malgré des preuves éclatantes que ceux-ci n’auraient pas permis d’empêcher ces attaques.»
Réfugié en Russie, Edward Snowden reste recherché par les Etats-Unis pour espionnage et est considéré soit comme un traître, soit comme un héros depuis ses révélations en 2013.
(afp)



