Etats-Unis: Grosses failles dans la sécurité des aéroports

 

Les révélations embarrassantes sur les failles du système de sécurité des aéroports américains se multiplient. La semaine dernière, la fuite d’un rapport top secret de la Transport Security Administration (TSA) avait coûté sa place au patron par intérim de l’organisation chargée d’assurer la protection des aéroports et des vols aux Etats-Unis. La raison: le rapport révélait que des enquêteurs du gouvernement américain avaient réussi à faire passer des armes et des explosifs factices par les portiques de sécurité dans 67 de leurs 70 tentatives. Dans l’un des cas, un faux explosif collé dans le dos de l’un des inspecteurs infiltrés n’avait pas été découvert malgré la palpation de l’un des agents de la TSA.

Préoccupation extrême

Révélation suivante cette semaine: la TSA a octroyé des badges donnant accès à des périmètres sécurisés des aéroports à 73 personnes ayant des liens potentiels avec le terrorisme. Ce nouveau rapport présenté mardi au Congrès par John Roth, l’inspecteur général du Ministère américain de la sécurité intérieure, détaille les erreurs de la TSA ces derniers mois. Parmi elles figurent l’engagement d’anciens criminels et des disparitions récurrentes de badges d’accès aux périmètres de sécurité des aéroports.

Ces failles béantes inquiètent les autorités américaines. Invité par une commission du Sénat, John Roth a dit être «extrêmement préoccupé» par la manière avec laquelle la TSA gère les risques dans les aéroports. «La TSA ne peut pas se permettre de manquer une seule menace sans que cela ait des conséquences catastrophiques, a-t-il martelé. Un terroriste n’a besoin d’y arriver qu’une fois.»

«Il faut plus de recherche»

Douglas Laird, un ancien responsable de la sécurité de la compagnie aérienne Northwest Airlines, dit être abasourdi par les révélations sur la TSA. «Mais comment pouvons-nous exiger que la TSA fasse un meilleur travail si nous ne lui donnons pas plus de moyens?» nuance-t-il. «Il faut investir dans la recherche car nos capacités de détection des objets suspects dans les bagages à main sont nettement insuffisantes.» Il poursuit: «Lorsque vous enregistrez une valise, celle-ci va passer aux rayons X et le niveau de détection est comparable à celui des examens de résonance magnétique dans les hôpitaux. En revanche, les bagages à main posent problème.»

Douglas Laird résume l’origine du problème auquel les Etats-Unis sont confrontés aujourd’hui: «Lorsque la TSA a été créée au lendemain des attentats du 11 Septembre, beaucoup d’argent a été retiré du budget pour la recherche afin d’être alloué à l’augmentation des effectifs dans les aéroports.»

Les Sénateurs ont en outre reçu hier le vice-amiral Peter Neffeneger, nommé par Barack Obama en remplacement de John Pistole à la tête de la TSA. Pistole avait quitté son poste en décembre de l’année dernière. Le processus de confirmation de Peter Neffeneger par le Sénat a été accéléré à la suite des révélations sur la TSA et du départ du patron par intérim de l’agence.

(TDG)