Des sauveteurs s’activaient jeudi en Corse, pour tenter de retrouver plusieurs randonneurs disparus lors d’éboulements et d’une coulée de boue provoqués par le mauvais temps. Un premier bilan faisait était de trois morts, de plusieurs blessés et de plusieurs disparus.
Un violent orage, mercredi en début d’après-midi, est à l’origine de cette catastrophe naturelle dans le cirque de I Cascittoni (les grosses caisses), qui a piégé une douzaine de randonneurs belges et français. Appelé aussi Cirque de la solitude, il s’agit du passage le plus difficile du chemin de grande randonnée 20 (GR20), à 2000 m d’altitude, dans le nord de l’île.
Secours à l’oeuvre
Un bilan précis de ce qui est le plus grave accident dans la montagne corse depuis une trentaine d’années est difficile à établir, en raison de témoignages divergents des survivants.
Jeudi matin, les secours se sont remis au travail, partant à la recherche des disparus. Ils ont indiqué qu’une randonneuse espagnole de 63 ans avait été foudroyée et blessée mercredi. Plaquée au sol par la foudre, elle a été fortement choquée et est victime de contusions diverses.
Les corps des trois personnes décédées, deux hommes et une femme, reposent dans une chapelle ardente installée dans une caserne de la localité de Corte. Jeudi, un quatrième corps a été découvert, selon les secours.
Des accidents chaque année
Réputé parmi les plus difficiles du monde, le GR20, qui comprend 15 étapes sur les plus hauts sommets de la Corse, est chaque année le théâtre d’accidents en raison de sa difficulté et de l’imprudence de nombreux touristes.
«Les vacances sont finies. C’est affreux. On arrête ici et on file à Bastia», glisse, la voix empreinte d’émotion, Michel, un jeune informaticien bordelais en montant dans un bus avec sa fiancée, Claire, avec laquelle il a parcouru les deux premières étapes du parcours.
«Il faudra mesurer l’ampleur des dégâts dans le cirque et dresser un état des lieux géologique et des équipements (échelles, chaînes et câbles permettant de grimper des parois parfois verticales) avant de rouvrir le parcours», a déclaré le président du Parc naturel régional de la Corse (PNRC), Jean-Marie Seïté.
Touristes mal préparés aux risques
«Un entonnoir à 2000 m d’altitude comme I Cascittoni, techniquement très difficile, suppose de partir très tôt le matin et non dans l’après-midi», a relevé le délégué régional de la Fédération française de montagne et d’escalade, Paul-André Acquaviva, en déplorant sur la radio publique RCFM que «les touristes prennent des risques inconsidérés, une fois qu’ils ont payé leur voyage pour venir en Corse».
(afp)



