Elections au Danemark: «Helle» toujours populaire parmi les femmes

 

«Plus de bien-être ou moins d’impôts. Mon choix est clair entre les promesses de la gauche d’un côté et la droite de l’autre. Je suis pour un Etat providence fort», assure Tine Veje, mère de jumeaux qu’elle transporte dans son triporteur. Elle a pris congé pour venir écouter la première ministre social-démocrate, Helle Thorning-Schmidt sur la place du château de Christiansborg à Copenhague, siège du parlement.

Pour cette psychologue de 34 ans, qui a «toujours voté à gauche, comme la majorité des femmes danoises, Helle doit continuer pour assurer le maintien de cette société égalitaire qui ne laisse personne au bord de la route».

«Helle, Helle, Helle», scande à l’unisson une foule en fête. Comme Ingrid, une octogénaire, rose à la main qui se dit «fière de voir en ce 100e anniversaire du droit de vote des Danoises, une femme, la première, au pouvoir, avoir réussi en dépit des préjugés». «Nous sommes sortis du tunnel. Le Danemark est de nouveau sur les rails. La croissance est au rendez-vous et le chômage est au plus bas depuis cinq ans», clame-t-elle. Pourtant, la cheffe de la coalition de centre gauche, arrivée aux affaires en 2011, a été impopulaire, pour n’avoir pas tenu ses promesses électorales. Donnée battue par presque tous les sondages, elle est parvenue à remonter la pente face à l’opposition de droite. Ella a promis dès la première semaine de campagne «un renforcement de l’Etat providence à coup de 39 milliards de couronnes (5 milliards de francs) pour améliorer notamment la situation de la santé, des personnes âgées et des familles et en défendant une politique d’immigration restrictive. Une façon d’empiéter sur le terrain de chasse de l’extrême droite. «Elle récolte le fruit de sa politique économique responsable, n’hésitant pas à faire siennes les méthodes libérales, et pragmatique, elle serre la vis de la politique d’immigration pour éviter qu’une partie de son électorat rejoigne l’extrême droite», constate le politologue Joergen Elklit de l’université d’Aarhus.

Son rival, Lars Loekke Rasmussen, président du parti libéral et chef de file de l’opposition, très impopulaire en raison de ses dépenses extravagantes aux frais des contribuables, s’est déclaré lui aussi «un fervent défenseur» de l’Etat providence. Il concentre ses attaques sur son point faible: la question des réfugiés et immigrés, très sensible aux yeux de l’opinion. «Vous avez procédé à 31 allégements de la politique de l’immigration en 4 ans. On en voit les résultats» assène-t-il. Et le leader du Parti du peuple danois (populiste), Kristian Thulesen Dahl, d’enfoncer le clou en constatant que «jamais le nombre de demandeurs d’asile n’a été aussi élevé (plus de 14 000 en 2014 contre environ 4000 en 2011, à la fin du règne du centre droit)».

L’issue du scrutin paraît très incertaine, les deux blocs se tenant au coude-à-coude selon les sondages. «Mais Helle a des chances de garder le pouvoir comme en 1998, où la social-démocratie s’est maintenue de justesse grâce à une voix des îles Féroé (territoire d’outre-mer)», selon le politologue Robert Klemmensen.

 

(24 heures)