Les forces kurdes syriennes, appuyées par les frappes aériennes de la coalition anti-djihadiste dirigée par les Etats-Unis, ont chassé lundi 22 juin les combattants du groupe Etat islamique (EI) d’une base clé au nord de Raqa, principal fief du groupe EI en Syrie, selon une ONG.
Il s’agit du deuxième revers en une semaine infligé par les Kurdes au groupe après la capture de Tall Abyad, important point de transit pour les djihadistes à la frontière turque.
«Les Unités de protection du peuple kurde (YPG), soutenues par la coalition, ont pris la totalité de Liwa 93 (Brigade 93), situé à 56 km au nord de Raqa, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
»Les lignes de défense du groupe EI se sont déplacées aux portes de la ville de Raqa«, rendant vulnérable cette capitale de facto de l’EI en Syrie, a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH.
Revers après revers pour le groupe EI en Syrie
Cette base »était importante pour le groupe EI car elle surplombe les routes reliant Raqa à ses fiefs dans les provinces d’Alep (à l’ouest) et de Hassaké (à l’est)«, selon lui.
Le groupe tenait cette base militaire depuis qu’il en chassé les forces du régime syrien à l’été 2014.
»Les Kurdes ont également pénétré dans les quartiers périphériques de la ville d’Aïn Issa, proche de la Brigade 93 (…), cette ville est de facto tombée militairement avec la chute de la base«, précise M. Abdel Rahmane.
Si les YPG prennent Aïn Issa, cela serait la troisième position importante perdue en quelques jours par l’EI dans la province de Raqa, bastion des djihadistes.
Grâce aux frappes de la coalition internationale, les Kurdes parviennent à infliger revers après revers à l’organisation extrémiste depuis le début de l’année, avec la reprise de la ville kurde de Kobané dans le nord de la Syrie.
Le Pentagone annonce la mort d’un recruteur de l’EI en Irak
Par ailleurs, un important recruteur du groupe Etat islamique a été tué dans un raid de l’aviation américaine le 15 juin à Mossoul, dans le nord de l’Irak, a annoncé un porte-parole du Pentagone, le colonel Steve Warren. L’homme est lié à l’attaque du 11 septembre 2012 contre le consulat américain à Benghazi.
Tareq ben al-Tahar ben al Faleh al-Awni al-Harzi «intéressait» par ailleurs les autorités américaines pour ce rôle présumé dans l’attaque du consulat. L’attentat avait coûté la vie à l’ambassadeur des Etats-Unis en Libye, Christopher Stevens, et à trois autres Américains.
«Sa mort va affaiblir les capacités du groupe EI à intégrer des djihadistes originaires d’Afrique du Nord sur les fronts irakien et syrien, et élimine un homme ancré dans le terrorisme international de longue date», a souligné le colonel Warren dans un communiqué.
Le département d’Etat américain, estimant que son rôle consistait à fournir au groupe EI son contingent de kamikazes, avait proposé début mai une récompense de trois millions de dollars pour des informations à son sujet.
Long interrogatoire
Ce djihadiste d’origine tunisienne avait été interrogé par un tribunal de Tunis sur l’attaque contre le consulat américain de Benghazi, avant d’être relâché en janvier 2013. Le 21 décembre 2012, il avait été longuement interrogé dans la capitale tunisienne par quatre agents de la police fédérale américaine (FBI).
Le Trésor américain avait répertorié en septembre ce djihadiste comme étant l’un des premiers à avoir rejoint les rangs du groupe EI, avant de prendre des responsabilités dans le califat proclamé par le groupe sur les territoires qu’il contrôle en Irak et en Syrie.
(afp/Newsnet)



