Nouvel échec de la Grèce et ses créanciers à s’accorder

 

Les ministres des Finances de la zone euro ont à nouveau échoué ce jeudi 25 juin à trouver un accord pour le renflouement de la Grèce. Ils ont ajourné leurs discussions, à cinq jours d’un possible défaut de paiement du pays. Au même moment, les dirigeants européens entamaient un sommet qui devait être largement dominé par la crise grecque et celle des migrants.

Les grands argentiers de la zone étaient réunis pour la quatrième fois en une semaine au chevet de la Grèce. Mais ils se sont séparés au bout de trois heures sans résultat. Athènes bataille avec Fonds monétaire international (FMI), Banque centrale européenne (BCE) et Commission européenne pour obtenir de l’argent frais en échange de promesses de réformes.

«C’est fini pour aujourd’hui. Les institutions et la Grèce continuent à travailler. L’Eurogroupe se réunira plus tard, mais pas aujourd’hui», a tweeté le ministre finlandais des Finances, Alexander Stubb. Selon un responsable de la zone euro, une nouvelle réunion de l’Eurogroupe est prévue samedi matin.

«Plus éloignés qu’avant»

Les 19 ministres réunis ont critiqué à la fois les propositions des institutions et celles de la Grèce, a expliqué le ministre grec des finances Yanis Varoufakis.

«Nous allons continuer nos discussions, les institutions vont de nouveau examiner les deux documents, nos documents et les leurs, il va y avoir des discussions avec le gouvernement grec et nous allons continuer jusqu’à ce que nous trouvions une solution», a-t-il déclaré à la presse.

A son arrivée à la réunion, son confrère allemand Wolfgang Schäuble avait estimé que la Grèce et ses créanciers étaient «encore plus éloignés» qu’avant, en dépit des discussions marathon entre les deux parties depuis mercredi.

«Happy end»

«D’après ce que j’ai entendu aujourd’hui, nous n’avons pas encore fait les progrès nécessaires», a également déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, à son arrivée à Bruxelles pour un sommet européen. Celui-ci a débuté sensiblement au moment où l’Eurogroupe se terminait.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras n’en a pas moins tenu à afficher son traditionnel optimisme, en arrivant lui aussi au sommet. «L’histoire européenne est pleine de désaccords, négociations et compromis (…) Je suis confiant que nous allons atteindre un compromis qui aidera la zone euro et la Grèce à dépasser la crise», a-t-il affirmé.

«Il y a encore des écarts qui demeurent», a confirmé le président français, François Hollande, jugeant toutefois que les deux parties n’étaient «pas loin d’un accord». Mais il a appelé à ne plus perdre de temps: «Il faut savoir terminer une négociation (…) il n’y aurait rien à gagner à laisser trop de temps encore», alors que «la Grèce n’en a plus».

Les négociations pourraient durer, mais «un ‘happy end’ est en vue» a pour sa part assuré le président du Conseil européen, Donald Tusk: «Le travail est en cours et il est certain qu’il nécessitera encore un certain nombre d’heures. Les dernières heures sont vraiment critiques mais j’ai un bon pressentiment sur le fait que, contrairement aux tragédies de Sophocle, l’histoire grecque connaîtra une fin heureuse».

Arbitrage politique

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se réunissaient officiellement jeudi soir et vendredi pour discuter du dossier migratoire et du maintien du Royaume-Uni dans l’Union. Mais face à l’urgence de la crise grecque, la question britannique devrait être reléguée au second plan des discussions.

Porté au pouvoir sur un engagement anti-austérité, Alexis Tsipras a toujours défendu la nécessité d’un arbitrage politique au plus haut niveau sur le sort de la Grèce.

La Grèce doit rembourser à la fin du mois quelque 1,5 milliard d’euros au FMI. Le déblocage d’une tranche d’un prêt en suspens depuis presque un an, de 7,2 milliards d’euros, ou à défaut un geste financier de la BCE sera nécessaire pour qu’Athènes honore cette échéance. Le FMI a dit jeudi s’attendre à ce que la Grèce le rembourse à temps.

(ats/Newsnet)